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Toulouse : un ancien chanteur punk se rend pour braquage, après 28 ans de clandestinité

Le groupe Camera Silens est né dans les années 80.
Le groupe Camera Silens est né dans les années 80.

L'ancien chanteur de Camera Silens, co-auteur avec une dizaine de personnes du braquage d'un dépôt Brink's à Toulouse en 1988, vient de se rendre à la police. Il vivait dans la clandestinité depuis 28 ans. 

Par Marie Martin

C'est une histoire assez extraordinaire que racontent aujourd'hui nos confrères de Libération.

Le 19 novembre dernier, après 28 ans de clandestinité dans la péninsule ibérique, Gilles, ancien chanteur punk et braqueur d'un jour, s'est rendu à la police, accompagné de son avocat.
Là, il a avoué sa participation au braquage du dépôt Brink's de Toulouse, le 27 avril 1988. Il était le seul membre d'une bande de dix malfaiteurs à n'avoir jamais été interpellé.

L'affaire avait à l'époque défrayé la chronique. 11,7 millions de francs en espèce sont dérobés, grâce à une préparation de plusieurs mois et à l'enlèvement à leur domicile des détenteurs des plans et des codes, ainsi que des convoyeurs de fonds. 
Dans l'équipe, non pas des malfaiteurs professionnels, mais des anarchistes, des artistes, des marginaux.
Parmi eux, Gilles, chanteur et bassiste du groupe punk Camera Silens. Il dit aujourd'hui qu'il "voulait vivre à fond le peu de temps" qu'il restait.
Car le sida est là, qui fait des ravages. Et tuera plusieurs des membres de cet improbable commando.

Tous ont été arrêtés, dans les mois qui suivent le hold-up. Seul Gilles ne sera jamais pris. 
Durant 28 ans, il mène une vie rangée en Espagne et au Portugal. Pourquoi revenir aujourd'hui, pour se constituer prisonnier. "J'ai décidé de venir payer ma dette. Je ne suis plus le même homme", déclare-t-il à Libération. Il veut retrouver son identité et dire la vérité à son fils de 5 ans. 
"Il est devenu un honnête homme", ajoute son avocat Christian Etelin.

Au tribunal, le procureur a demandé la mise en détention de Gilles mais le juge des libertés l'a maintenu en liberté, avec l'obligation de se rendre deux fois par mois au commissariat. 
Près de trente ans après les faits, Gilles comparaîtra prochainement devant les assises de Haute-Garonne. 

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