Toulouse : des avocats viennent en aide aux étrangers malgré la grève

Les avocats sont en grève depuis 6 semaines. Ils protestent contre la réforme des retraites. Pourtant certains d'entre eux travaillent gratuitement au quotidien pour aider les étrangers placés au Centre de rétention administratif de Cornebarrieu près de Toulouse.
Des avocats travaillent malgré la grève pour assister des étrangers placés en rétention administrative et menacés d'expulsion.
Des avocats travaillent malgré la grève pour assister des étrangers placés en rétention administrative et menacés d'expulsion. © Ayham Khalaf -France 3 Occitanie
"On est comme les urgences. On ne peut pas considérer que les gens vont se débrouiller tout seuls", explique sobrement Sylvain Laspalles, avocat au barreau de Toulouse et membre de l'ADE (association de défense des étrangers). Ils sont, comme lui, plusieurs dizaines à se relayer pour défendre les étrangers placés au Centre de rétention administratif de Cornebarrieu, près de Toulouse.

Pour ces avocats, ces contentieux-là ne peuvent être renvoyés. "Le plus souvent, ils n'ont rien à faire en rétention, note l'avocat. Ils se comportent bien. Ils ont répondu aux convocations et n'ont rien à se reprocher". Or, ces personnes sont privées de leur liberté, enfermées entre les murs du Centre sans savoir pour quelle durée, le délai pouvant courir jusqu'à 90 jours.
 

2 heures pour étudier un dossier

A l'audience, les avocats ne prennent pas de client individuellement mais ils sont constitués en collectif. Ils s'attribuent les dossiers comme ils viennent. Le juge leur donne 2 heures pour l'étude d'une situation. Une course contre la montre s'engage alors. Les avocats traquent les défauts de procédure, les manquements, tout en prennant des notes sur le fond, c'est-à-dire ce qui motive le placement en rétention. Car une deuxième audience aura lieu sur cette question s'ils n'arrivent pas à faire libérer leur client sur une faille méthodologique.

Dans un premier temps, les plaidoiries portent sur la procédure. "La plupart d'entre eux n'ont pas compris qu'ils étaient susceptibles de faire l'objet d'une privation de liberté. Les choses se sont même faites pour leur faire comprendre le contraire", dénonce Me Sylvain Laspalles. Il arrive souvent que les convocations n'aient pas été traduites.

50% des personnes libérées

"Ils font un travail extraordinaire ! s'enthousiasme l'un des membres du Cercle des voisins du Centre de rétention de Cornebarrieu présent à l'audience. Avant la grève, on avait 90% des retenus qui étaient maintenus en détention. Depuis le début de la grève, on est passé à 50%".

 



L’ADE fédère les avocats sensibilisés à la problématique du droit des étrangers et investis dans le contentieux du droit au séjour et de l'éloignement. Son objectif : mieux assurer la protection des droits des ressortissants étrangers.

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