Toulouse : les cabinets d'avocats les plus fragiles ne résisteront pas à la crise du coronavirus

Les tribunaux ont fermé leurs portes, les cabinets d'avocats ne reçoivent plus de clients. A Toulouse, après deux mois de grève contre la réforme des retraites, les robes noires s'inquiètent des conséquences économiques de ce confinement.
A Toulouse, la crise du coronavirus va entraîner à terre les cabinets d'avocats les plus fragiles.
A Toulouse, la crise du coronavirus va entraîner à terre les cabinets d'avocats les plus fragiles. © PHILIPPE DESMAZES / AFP
"Certains cabinets, les plus fragiles, n'y résisteront pas". Les mots du bâtonnier de Toulouse sont sans appel. Après deux mois de grève inédite pour la profession contre la réforme des retraites, les avocats vont devoir faire face au confinement qui a mis à l'arrêt une grande partie de leur activité.

Aujourd'hui les tribunaux ne traitent que les urgences. Toutes les audiences ont été reportées, les cabinets ne reçoivent plus de clients et tournent au ralenti.
 
Une situation exceptionnelle qui succède à une autre période inédite, une grève nationale menée par l'ensemble de la profession pendant deux mois contre la réforme des retraites.

Les avocats travaillent aujourd'hui en télé-travail, mais la grande majorité des audiences en correctionnelle, au civil et au pénal ont été suspendues et reportées, nous explique Manuel Furet, bâtonnier des avocats toulousains. Pour des raisons sanitaires, les cabinets sont fermés. Ce que nous comprenons tout à fait. Mais après deux mois de grève, certains d'entre eux ne tiendront pas.

Des cabinets n'ont plus de trésorerie

En effet pendant près de deux mois les robes noires se sont fortement mobilisées contre la réforme des retraites qui mettait fin à leur régime spécifique. A Toulouse, certains avaient déjà été impactés économiquement.
En tant que profession libérale, les avocats vont pouvoir bénéficier d'un report de leurs cotisations et de leurs charges, comme l'Urssaf et du fond de solidarité mis à disposition par l'Etat.
A savoir une aide de 1500 euros pour une perte de 70% de son chiffre d'affaires par rapport à l'an passé.

Pour ma part, j'ai pu mettre mes salariés en chômage partiel. Mais en tant que profession libérale, beaucoup d'avocats ne rentrent pas dans les critères d'attributions de ce fond de solidarité or des cabinets n'ont déjà plus de trésorerie. Certaines situations vont devenir très compliquées, s'inquiète Manuel Furet.

 

Avocats solidaires

En attendant la reprise des audiences et de passer cette crise, le Conseil national des barreaux a lancé une opération baptisée «avocats solidaires».
Des avocats spécialisés dans le monde du travail répondent gratuitement à des questions directement liées à l’épidémie de Covid-19. Pour les sujets autres que le coronavirus, une consultation est également possible, mais elle est payante. 

Pour bénéficier de ce service, la démarche est simple. Il suffit de se connecter sur le site du Conseil national des barreaux, avocats.fr et de valider une demande de rappel.
Les particuliers et les professionnels sont ensuite rappelés dans un délai de 24 heures. Les avocats et magistrats volontaires participant à cette opération restent à la disposition de la population jusqu’au 6 avril. 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
justice société covid-19 santé économie