Toulouse : catholiques et musulmans ensemble à la messe de la Toussaint après l'attentat de Nice

Des imams et leur famille ont participé à une messe dans une église de Bagatelle à Toulouse. Un moment symbolique après l'attentat de Nice mais qui s'inscrit dans la continuité des actions inter-religieuses du quartier.
Des imams et leur famille ont participé dimanche à la messe de la Toussaint dans une église d'un quartier populaire de Toulouse, s'attaquant aux tueurs "sans esprit ni raison", trois jours après l'attentat jihadiste de Nice qui a fait trois morts.
"Ces gens sans esprit ni raison veulent faire une autre interprétation (du Coran). Nous la récusons fermement", a déclaré au côté du curé de l'église du Saint-Esprit de Bagatelle l'un des imams de la mosquée Al-Rahma, Lahouary Siali.
Devant des fidèles catholiques, il a prononcé une prière en arabe et affirmé que les musulmans étaient "les premières et les principales victimes de ces gens-là".

"Nous n'avons mandaté personne, n'avons donné aucune procuration à quiconque pour parler à notre place. Au nom de quelle philosophie, de quelle spiritualité, tu viens ôter la vie à des gens innocents ?", s'est-il indigné.
 "Nous ne nous reconnaissons pas dans ce genre de méfaits", a-t-il ajouté, condamnant "toutes sortes de violences, qui ne règlent rien et engendrent encore plus de violence".

Pour le curé de cette église, le père Gérard Hall, la présence des imams à cette messe était "importante", dans la continuité des actions inter-religieuses du quartier.
Au moment du premier confinement, "la paroisse, les deux mosquées et l'église baptiste ont monté ensemble une banque alimentaire", raconte-t-il. Le religieux reconnaît que les caricatures "puissent blesser les gens. Moi, quand on caricature le Christ, je suis blessé, mais on ne va pas tuer ou interdire la liberté d'expression pour ça".

Au lendemain de l'attentat de Nice dans une basilique, l'archevêque de Toulouse Mgr Robert Le Gall avait déclaré que "la liberté d'expression a des limites" et qu'"on ne pouvait pas se permettre de se moquer des religions, (car) on voit les résultats que cela donne".

Des messes rassemblant catholiques et musulmans ont eu lieu dans plusieurs de villes de France notamment à Blois dans le Loir-et-Cher.

L'auteur présumé des coups de couteau à Nice, un Tunisien de 21 ans blessé grièvement lors de son arrestation, est toujours hospitalisé dimanche.
 
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