Toulouse : ce projet de création d'une nouvelle université qui rebat les cartes

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Écrit par Marie Martin
Christian Gollier, le directeur général de la Toulouse School of economy.
Christian Gollier, le directeur général de la Toulouse School of economy. © Jean-Luc Flémal/Belpress/MaxPPP

Le directeur général de Toulouse School of Economics a annoncé samedi 8 janvier le projet de création d'une nouvelle université regroupant la TSE, l'université Paul-Sabatier et l'ISAE-SupAéro, "pour faire face au déclassement annoncé de Toulouse". Projet qui mettrait à mal celui du regroupement des établissements d'enseignement supérieur et de recherche de Toulouse.

C'est une annonce qui fait l'effet d'un séisme dans le monde universitaire toulousaine.
Christian Gollier, le directeur général de la Toulouse School of economics (TSE), école créée par le Prix Nobel d'économie Jean Tirole, a présenté, via son compte Twitter, le projet de création d'une nouvelle université toulousaine regroupant la TSE et l'université Paul-Sabatier, en partenariat avec l'école ISAE-SupAéro. Ce regroupement vise à réintégrer Toulouse dans le classement international Idex. "La Toulouse Tech University a vocation à rejoindre le top-100 du classement de Shanghai", écrit notamment Christian Gollier.

Interrogé ce dimanche 9 janvier par France 3 Occitanie, Christian Gollier confirme que depuis jeudi soir, "nous avons un projet que nous soumettons à l'ensemble de la communauté académique toulousaine, qui est la création d'une grande université toulousaine, qui a tout le capital humain et la réputation pour être une des meilleures universités au monde, avec des gens qui partagent les mêmes valeurs scientifiques, académiques, les mêmes objectifs, et la conscience d'un environnement international extrêmement compétitif". 

Aujourd'hui, il faut bien comprendre que Toulouse est déclassé, Toulouse ne fait pas partie des villes labelisées qui vont devenir de grandes universités de recherche. Le risque, c'est que Toulouse devienne une petite ville de province en ce qui concerne l'académique et la recherche alors qu'elle est la deuxième ville de France en terme de productivité scientifique après Paris.

Christian Gollier

Mais l'annonce de cette création intervient dans un contexte particulièrement sensible : un projet de regroupement des établissements d'enseignement supérieur et de recherche de Toulouse est en effet sur les rails depuis plus d'un an, notamment soutenu par la région Occitanie. Une fusion qui prend du temps, certains entités n'y étant pas forcément favorables, d'autres clairement opposées.

Ce contre-projet, semble-t-il porté par Jean Tirole, le fondateur de la TSE, serait assez avancé : une réunion au ministère de l'enseignement supérieur aurait eu lieu à ce sujet mardi 4 janvier. 

Des voix s'élèvent déjà pour protester contre cette perspective, entre préoccupation de ne pas laisser au bord du chemin les deux autres universités, Jean-Jaurès et Capitole, perte d'autonomie des écoles, les enjeux politiques, rejet de ces classements internationaux dont le bien-fondé est largement contesté.
Ce "retournement de situation", comme le qualifie le syndicat Unsa-ITRF.Bi.O de l'université Paul-Sabatier, ne va pas manquer de susciter méfiance et inquiétude au sein du milieu universitaire. 

Lui aussi interrogé par France 3 Occitanie ce dimanche, Hugues Kenfack, le président de l'université Toulouse 1 (Capitole), a exprimé de la tristesse : "Moi, je tiens à la Toulouse School of economics au sein de l'université Toulouse Capitole", a-t-il déclaré. "Je tiens à une université une et indivisible. L'école ne serait pas à ce niveau-là si elle n'avait pas bénéficié depuis de nombreuses années de l'appui de Toulouse Capitole et de ses présidents successifs".

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