A Toulouse le couvre-feu divise la population : "un air de déjà-vu"

La mise en place d’un couvre-feu le soir à Toulouse comme dans sept autres métropoles françaises et en Île-de-France à partir du samedi 17 octobre, suscite de vives réactions. Beaucoup sont perplexes et ne cautionnent pas cette décision.
 

Il y avait comme un air de couvre-feu devant la basilique Saint-Sernin de Toulouse, le jeudi 15 octobre.
Il y avait comme un air de couvre-feu devant la basilique Saint-Sernin de Toulouse, le jeudi 15 octobre. © FTV/Paul Ruyer
Il était attendu, mais pour beaucoup, c’est encore le coup de massue : « On dirait une dystopie, confie Fabien, 21 ans et étudiant à l'université Jean Jaurès. Un couvre-feu on voit ça dans les jeux vidéo d’apocalypse, j’ai du mal à croire que ça nous arrive. »

La fête est finie

A partir de samedi minuit, les rues de Toulouse seront vides de 21 h à 6 h du matin. Sauf exception, il sera impossible de se déplacer, une mesure qui rappelle le confinement pour Gaël, étudiant en gestion : « Il y a un air de déjà-vu. Je n’aime pas qu’on me prive de mes libertés sans vraiment savoir pourquoi, donc je vais raser les murs, mais je ne respecterai pas ce couvre-feu. » Un sentiment d’incompréhension présent chez de nombreux habitants. Sur le marché cristal de Toulouse, le discours d’Emmanuel Macron n’a pas convaincu. « Je ne comprends pas, souffle Amandine 36 ans, ça ne sert à rien ça ne va pas empêcher les gens de se voir, ils trouveront toujours des solutions ». 

On récolte ce que l’on sème. 

Paula, retraité

Après avoir progressivement retrouvé leurs loisirs depuis la fin du confinement, les Français vont devoir s’adapter. Notamment en ce qui concerne les activités culturelles. Théâtres, expositions et cinémas seront obligés de fermer leurs portes à l’heure où l’affluence est la plus forte. « C’est un retour en arrière, comme si rien n'avait changé depuis le confinement, s’agace Françoise, 69 ans. On pointait du doigt les bars et les restaurants, car les jeunes s’y relâchaient, on les a fermés. Mais pourquoi pénaliser tous les autres ? Moi, je peux prendre des billets pour des séances en matinée, mais ce n’est pas avec les retraités qu’on va sauver l’économie. » 
Jean-Luc Moudenc maire de la ville a notamment appelé les Toulousains à la solidarité. 
Un retour du credo métro – boulot – dodo logique pour Fabien, infirmier, au vu du manque de civisme constaté dans les lieux publics : « Oui, c’est une contrainte, mais il faut prendre ce type de mesure. Les gens mettent mal leur masque, on voit que les gestes barrières ne sont pas toujours respectés. » Un avis partagé par Paula, retraité de 86 ans. « On récolte ce que l’on sème. L’indiscipline collective a entraîné cette décision. Après, j’en entends certains dire que c’est comme lors de la guerre. Moi la guerre je l’ai vécu, c’est incomparable. »
 

"S’adapter", le mot-clé

Protéger les autres, le leitmotiv du président Emmanuel Macron, une évidence pour Alex, apprenti en restauration : « J’ai des parents âgés avec des problèmes de santé, donc je pense que c’est le bon choix ce couvre-feu. Il s’agit de protéger les plus vulnérables par tous les moyens donc je le suivrai à la lettre. »
Si sur Twitter certains sont déjà nostalgiques des sorties nocturnes, d’autres, ne manquent pas d'idées pour contourner l’interdiction. « Avec ma femme samedi matin, on est dans la voiture direction la campagne comme pour le confinement, assure Michel, 71 ans. » Pour les plus jeunes, c’est l’occasion de remettre à la mode certaines pratiques : « Bien sûr que je vais respecter le couvre-feu, on organisera des soirées pyjamas, comme ça pas besoin de sortir avant 6 h pour rentrer » sourit Lucy. 
 
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