Couvre-feu à Montpellier : "Je pense que c’est nécessaire, mais c’est dur de nous priver de nos libertés"

Le chef de l’Etat a annoncé ce mercredi, la mise en place d’un couvre-feu d’au moins un mois dans plusieurs villes de France, dont Montpellier et Toulouse pour lutter contre la propagation du coronavirus. La mesure, si elle est nécessaire pour certains, en énerve d’autres.

A partir de ce samedi, le couvre-feu sera effectif à Montpellier de 21h à 6h du matin - 13 octobre 2020
A partir de ce samedi, le couvre-feu sera effectif à Montpellier de 21h à 6h du matin - 13 octobre 2020 © E.Diaz / FTV
La décision est tombée, et pour certains elle fait très mal : « le couvre-feu est une méthode archaïque. Honnêtement ça m’énerve. On prend ça comme une punition. Au lieu de trouver des solutions viables et modernes on nous impose ça comme dans les années 50. C’est d’une autre époque », témoigne un Montpelliérain juste après l’annonce du chef de l’Etat.

Un couvre-feu de 21h à 6h


Ce mercredi soir, Emmanuel Macron a annoncé le rétablissement de l’état d’urgence sanitaire un couvre-feu, fermeture des lieux publics et interdiction de circuler de 21h à 6h du matin dans huit métropoles de France dont Toulouse et Montpellier. Ces nouvelles mesures sont applicables à partir de samedi 0h et pour au moins quatre semaines. Un mois sans sortir, certains profite des dernières soirées : « je l’ai su avant d’arriver au restaurant ce soir, on s’est dit que ça allait être notre dernier repas en extérieur, c’est pour cela qu’on est dehors. On profite un peu de la rue avant de ne plus sortir pendant un mois. Je pense que c’est quelque part nécessaire et qu’ils le font pour des questions sanitaires évidentes mais c’est dur de nous couper nos libertés comme ça. C’est triste", nous dit un jeune montpelliérain de 30 ans. 

Ce couvre-feu, le gouvernement n’a le droit de le prononcer que pour quatre semaines, mais il compte demander au Parlement de le prolonger jusqu’au 1er décembre, le portant donc à six semaines. Des amendes allant de 135 euros peuvent être distribuées en cas de non-respect du couvre-feu, 1500 euros en cas de récidive. 
 

 

La goutte d'eau pour les restaurateurs 


Pour les restaurateurs, très fragilisés par cette crise sanitaire, la décision ne passe pas. En effet, cette interdiction s’ajoute à celles annoncées ces dernières semaines. A Montpellier, les bars sont déjà fermés depuis ce mardi, et les restaurants ne pouvaient rester ouverts qu’en respectant un protocole sanitaire stricte : "On était déjà ouvert que le soir avant minuit, puis 22 heures et là 21 heures, ça ne va pas être possible. Le patron est un peu dépité, on commençait à peine à se remettre des deux mois de fermeture. Financièrement c’est une perte de 100% de chiffre d’affaires puisqu’on ne va pas ouvrir. Ça va être un gros manque à gagner", confie un restaurateur du centre-ville.
 
 

Le soutien de la ville de Montpellier 

 

Le maire de Montpellier Michaël Delafosse assure son soutien aux restaurateurs et aux professionnels du spectacle touchés de pleins fouet : 

"L’annonce du Président de la République de l’instauration d’un couvre-feu à Montpellier constitue une nouvelle mesure difficile pour les habitants de la ville et de la métropole qui vont encore devoir limiter leurs activités et leur vie sociale. Je pense tout particulièrement aux restaurateurs, aux bars et aux lieux culturels qui sont touchés de plein fouet. Je leur réaffirme que la Ville et la Métropole seront à leurs côtés pour les épauler avec l’ensemble des aides déployées (aide au loyer, prêts à taux zéro, etc.). J’en appelle également à la solidarité nationale pour nos territoires qui sont les plus affectés par ces restrictions."

A Montpellier, le maire doit réunir la cellule de crise Covid-19 ce jeudi dans la journée pour adapter ses services aux différentes annonces.

Le reportage de Florent Hertmann et Delphine Aldebert à Montpellier 
 
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