Toulouse : entre cas positifs et cas contacts, le Théâtre du Capitole garde la mesure pour l'opéra Carmen

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Écrit par Benoît Roux

Rien n'est simple en ces temps-ci pour personne. Et que dire de la culture quand il faut remplacer au pied levé un chanteur ou un musicien dans les heures qui suivent ? A Toulouse, les 3/4 de la distribution de Carmen ont changé au fil des jours mais le spectacle est assuré.

Depuis vendredi, les représentations de Carmen se succèdent sur la scène du Théâtre du Capitole de Toulouse. Le succès est constant mais la distribution n'est jamais la même en fonction des cas positifs et des cas contacts.

Prends garde à toi

"Depuis une semaine, le Théâtre du Capitole n’échappe pas à la recrudescence de cas de covid en France et en Occitanie", indique le communiqué du Théâtre du Capitole. Contre vents et marées, le rideau rouge continue de se lever. "Nous sommes très motivés, on va jusqu'au bout", assure Christophe Ghristi, le directeur artistique du Théâtre du Capitole. On sait que c’est complet, que les gens attendent ce moment. Nous sommes motivés pour ne pas baisser les bras. Il ya de très grands chanteurs et une immense Carmen (Marie-Nicole Lemieux)."

N'empêche que les 3/4 de la distribution ont été changés. Sur les 12 solistes de la partie chant, il n'en reste que 2 prévus initialement.

Sur ce genre de représentations, souvent 2 équipes alternent pour éviter la fatigue et mettre en péril la voix. Mais là, c'est devenu une obligation. Et tout à commencé dès le premier soir. Armando Noguera tient le rôle d'Escamillo. Après un premier acte aux forceps, il a dû être remplacé à l'entracte. Le premier d'une longue liste d'imprévus que le Théâtre du Capitole a dû gérer.

Le ballet des chanteurs et musiciens

Au pied levé, les artistes sont venus à la rescousse de toute la région. Ceux qui connaissaient la maison comme Anaïs Constans, Pierre-Yves Pruvot, Kamil Ben Hsaïn Lachiri ou Marion Lebègue. Ce jeudi soir, un ténor fera quelques kilomètres de plus. Il vient de prendre l'avion depuis New-York pour assurer la représentation de demain. "Je voulais travailler avec Michaël Fabiano depuis très longtemps. Il devait être sur scène pour Carmen à l'opéra de la Monnaie de Bruxelles. La représentation a été annulée. Quand je l'ai appelé, il m'a dit oui de suite." 

Le carnet de Christophe Ghristi a beau être bien rempli, la tâche n'est pas facile. Il avoue ne pas très bien dormir ces derniers temps. "Mardi, une chanteuse est arrivée en train à16H30; elle était sur scène à 20h. Certes elle connaissait le rôle, mais il a fallu lui faire un costume sur mesure. Elle a chanté sans avoir répété avec l'orchestre. Dès que nous contactons un artiste, on lui envoie une vidéo du spectacle et la partition mais quand même, ce n'est pas évident !"

Même chose pour l'orchestre. Si le chef Giuliano Carella a échappé à la vague, plusieurs musiciens n'y ont pas résisté. Heureusement, l'opéra Carmen ne demande pas un orchestre au grand complet et des solutions de remplacement internes à l'Orchestre National du Capitole de Toulouse existaient. 

Masques et cachets

Dimanche 30 janvier ce sera la 8e et dernière représentation de Carmen. Sur scène, seuls les solistes chant ne sont pas masqués et bien évidemment ceux qui jouent d'un instrument qui utilise la bouche. Les autres musiciens et le chœur portent le masque.

Les 8 concerts ont affiché complet avec 1 100 mélomanes dans la salle. Le Théâtre du Capitole a aussi été confronté à du personnel technique et administratif testé positif. Contre vents et marée, la vague a été endiguée et les représentations assurées. "Je suis surtout désolé pour tous les artistes qui ont dû renoncer alors qu'ils avaient répété pendant 2 mois. On a décidé de dédommager tous les artistes qui n’ont pas pu chanter. Certains sont dans une situation très compliquée."

En février, place à "Toiles Etoiles", un ballet autour du peintre Pablo Picasso. Prochain opéra, "Platée" de Jean-Philippe Rameau au mois de mars. Avec une mise en scène des facétieux Shirley et Dino qui devrait redonner le sourire à tout le monde. Surtout si on tombe le masque.