Toulouse : face au "non !" des riverains, la mairie étudie la possibilité de délocaliser la chaufferie biomasse

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Écrit par Sylvain Duchampt et Emmanuel Watt

À Toulouse (Haute-Garonne), les habitants de Borderouge se sont mobilisés samedi 2 avril 2022 pour signifier leur opposition à la construction d'une chaufferie biomasse en plein cœur de leur quartier. Face à cette opposition, la municipalité annonce étudier la possibilité de déplacer ce projet.

La municipalité les a entendus. "On comprend cette inquiétude et cette colère qui est légitime. On veut rassurer ces riverains. Des études de délocalisation sont en cours" annonce Cécile Dufraisse, maire de quartier et candidate LR des prochaines législatives sur la 9e circonscription. 

Ce mécontentement qu'évoque l'élue toulousaine s'est exprimé samedi 2 avril avec force. Les habitants du quartier de Borderouge se sont mobilisés au skatepark où viennent s'amuser leurs enfants, mais où la mairie a décidé de construire une chaufferie biomasse, pour son nouveau quartier du Grand Matabiau.

Mauvais emplacement et absence de concertation

"Le débat porte sur l’emplacement de ce projet en plein cœur de notre quartier entre la boulangerie, le relais d’assistance maternelle, le collège, le lycée, les premières maisons qui sont à 20 mètres" détaille Claire, elle-même résidente à Borderouge.

La pollution de l'air de cette usine alimentée par du bois et des plaquettes forestières est également mise en avant. "Il y aura des rejets de particules fines dans l'atmosphère. Quel est l'avenir pour notre quartier ?s'interroge-t-elle.

À ceci, s'ajoute la façon de procéder de la part de la mairie " c'est un projet d' envergure, rapporte Serge Baggi, président du Comité de quartier Les Minimes-Barrière Paris. Il fait 12 à 18 mètres de haut. Il est large d’une vingtaine de mètres, long de cinquante. Deux à trois camions l'alimenteront chaque jour en bois. La concertation est nécessaire. On ne peut pas se limiter à une simple information."

Ces manifestants veulent que cette usine soit installée dans un endroit adéquate. Une zone industrielle par exemple comme pour les installations de Blagnac, Rangueil et Purpan. 

Une chaufferie pour le quartier Grand Matabiau

Des reproches semble-t-il compris par la mairie qui nuance toutefois en soulignant l'importance de ce projet : "cette chaufferie biomasse répond au besoin du nouveau quartier Grand Matabiau. Elle va alimenter 2500 logements, des commerces, des bureaux, mais aussi des écoles. C’est vraiment d'utilité publique." Mais l'élue ne s'engage véritablement à rien : ni sur un nouvel emplacement, ni sur une date. L'étude pour relocaliser est bien lancée même si l'opérateur qui sera désigné pour gérer l'usine n'est pas encore connu. 

"On reviendra vers les riverains. Demain, un nouveau quartier va s’ouvrir et il lui faut véritablement une chaufferie biomasse." Une installation qui ne pourra se faire que dans un périmètre délimité. Pas sûr que ces déclarations fassent baisser la pression dans ce dossier.