Toulouse : grosse épidémie de démissions de médecins aux urgences de l'Hôpital Ducuing

De source syndicale, pas moins de 9 des 11 médecins des urgences de l'Hôpital Ducuing de Toulouse ont été atteints de démissionite aigüe. Ils ne veulent plus travailler dans un service dépourvu d'aide soignante la nuit. Un poste que la direction refuse de combler malgré 35 jours de grève.

9 des 11 médecins du service des urgences de l'Hôpital Ducuing ont démissionné
9 des 11 médecins du service des urgences de l'Hôpital Ducuing ont démissionné © Thierry Villeger/FTV
Ils ont jeté l'éponge les uns après les autres.

C'est une grosse épidémie nosocomiale. Elle décime les urgences, touchant exclusivement les médecins et se manifestant sous la forme de démissionite aigüe.

9 médecins sur 11 démissionnent du service des urgences de l'Hôpital Ducuing

9 des 11 médecins des urgences de l'Hôpital Ducuing de Toulouse, chef de service compris, ont en effet, selon la CGT, envoyé leur lettre de démission à la direction de l'établissement.

Ils ne veulent plus travailler dans un service démuni d'une aide-soignante la nuit et dans lequel une seule infirmère s'occupe de l'accueil et des soins.

35 jours de grève du personnel médical et paramédical en novembre et décembre n'ont en effet pas suffi à faire plier la direction sur la principale revendication d'un poste d'aide-soignante de 12 heures par nuit. La direction n'a cédé que sur un poste 6 heures par nuit.

Au mois de novembre le service des urgences avait dû fermer, le médecin assigné s'étant déclaré en arrêt maladie.

Des équipes "dépitées" et "très inquiètes" sur l'avenir du service

Sur place, les équipes se déclarent "dépitées" et "très inquiètes" sur l'avenir du service qui connaît une augmentation régulière et importante de sa fréquentation.

C'est compliqué de travailler dans ces conditions sans savoir ce qui va se passer ne serait-ce que le mois prochain,

témoigne une infirmière. Elle explique aussi que "la qualité des soins et la sécurité des patients sont engagées dans le service la nuit".

Lorsque la seule infirmière se retrouve toute seule pour faire l'accueil, la secrétaire, la brancardière, le laborantin, ça en devient dangereux.

Pour la direction, le fonctionnement du service est "satisfaisant"

La direction n'a pas souhaité nous recevoir.

Elle nous a toutefois indiqué par mail que "ces démissions concernent principalement des postes à temps partiel". "Leur décision leur appartient et je ne tiens pas la commenter", écrit le directeur Eric Fallet. "A ce jour le service fonctionne normalement", précise-t-il. "Nous avons recruté deux urgentistes à partir du mois de janvier".

Selon lui, le service des urgences de l'Hôpital Ducuing ne serait "pas en danger". Il fonctionnerait même "dans des conditions satisfaisantes eu égard au contexte de grève".

Voir le reportage de Stéphanie Bousquet et de Thierry Villeger :




 
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