Toulouse : l'entreprise CLS mobilise plus de 300 satellites au service de la Marine nationale

L'entreprise toulousaine CLS, spécialisée dans l'observation des océans par satellite, vient de signer un contrat de quatre ans avec la Marine nationale pour surveiller l'espace maritime français. Elle va traiter les données de plus de 300 satellites, un dispositif d'une ampleur inédite.

Toulouse - Une quinzaine de personnes va travailler 24 heures sur 24 pour cette plateforme dédiée à la Marine nationale. juin 2021.
Toulouse - Une quinzaine de personnes va travailler 24 heures sur 24 pour cette plateforme dédiée à la Marine nationale. juin 2021. © CLS

La mission a commencé en mars mais le contrat n'a été officialisé que ce mardi 8 juin. L'entreprise toulousaine CLS a remporté un appel d'offres et un contrat de quatre ans avec la Marine nationale. Objectif : mettre à sa disposition ses capacités d'analyse des données satellites pour surveiller 24 heures sur 24 les quelques 11 millions de km2 du domaine maritime français.

Un changement d'échelle

Filiale du Centre national d'études spatial (CNES), CLS est spécialisée depuis 30 ans dans la surveillance du globe. Elle est devenue au fil des ans une référence dans la surveillance des océans, des bateaux ou encore des poissons. Mais c'est la première fois qu'elle propose un dispositif d'une telle ampleur, explique Nadia Maaref, directrice de la sécurité maritime à CLS. 

En moyenne, les services qui utilisent des imageries utilisent une vingtaine de satellites et là, on en utilise plus de 300. On a misé sur la diversité des capteurs pour permettre un maximum d'acquisitions. La variété des résolutions, des prises de vue, des types d'images et leur fréquence va nous permettre de développer une capacité d'analyse inédite pour répondre aux demandes de la Marine.

Nadia Maaref, directrice de la sécurité maritime à CLS

Pour remporter ce contrat, la société toulousaine a misé sur deux systèmes d'imagerie : les satellites des opérateurs historiques dans ce domaine et les nano-constellations, des petits agrégats de satellites lancés par groupe de 10 ou 20 par des opérateurs privés. "Nous sommes agnostiques dans ce domaine" explique encore Nadia Maaref, "on n'a pas de préférence. On travaille avec tous ces fournisseurs, on agrège toutes sortes de données et cela nous permet de proposer une offre exhaustive à la Marine."

Un des satellites de surveillance dont CLS utilise les données - archives.
Un des satellites de surveillance dont CLS utilise les données - archives. © ESA

Plus de 300 satellites et une plateforme dédiée

Une offre exhaustive pour répondre à des demandes multiples. Il faut parfois détecter et identifier très rapidement un bateau sur une zone donnée. Il faut aussi surveiller des navires, repérer des activités illicites ou une pollution en mer.

Les requêtes des commandants de la Marine consistent aussi parfois à analyser des images en continu pour surveiller une zone en particulier ou à explorer des images satellites archivées pour enquêter à rebours sur l'activité maritime dans une zone donnée.

CLS a mis en place une plateforme dédiée et sécurisée qui travaille 24 heures sur 24. Dix analystes maritimes basés à Brest traitent les photographies et images radar. A Toulouse, siège historique du groupe, cinq personnes gérent la plateforme.

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