Toulouse : la pénurie de logements entraîne une flambée des prix de l'immobilier

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Écrit par Sardain Claire

Il faut être de plus en plus riche pour acquérir un bien immobilier dans l'agglomération toulousaine. Selon la dernière étude menée par l'agence Adequation, les prix sont en forte hausse et ça ne fait que commencer. La pénurie de logements est à l'origine de cette situation.

Si vous souhaitez acquérir un logement en ce moment dans l'agglomération toulousaine, il va falloir débourser plus. Les prix sont en forte hausse: + 6 % entre 2019 et 2021.

La faute à la pénurie

Au niveau national, depuis le deuxième semestre de 2019, le marché de la promotion immobilière a connu un coup d'arrêt avec le ralentissement des autorisations de permis de construire et l'amenuisement des ressources foncières.

En 2020 cette crise s'est accentuée avec le confinement. Résultat une chute de 25% des ventes et un marché du neuf qui ne répond plus aux besoins.

Depuis 2021, la pénurie s'est accentuée et les prix n'ont cessé de progresser.

Cette crise de l'offre se confirme depuis le début de l'année 2022 avec une nouvelle chute de 10% des biens disponibles et une baisse des investissements.

La métropole toulousaine très touchée

Toulouse est parmi les grandes agglomérations les plus touchées par ce phénomène. La ville mais aussi les 1ère et 2ème couronnes, où les prix sont plus abordables.

En 2021, le nombre de logements proposés à la vente a chuté de 43%, c'est 30% de plus qu'au niveau national. Il faut dire que la ville rose est celle qui attire le plus grand nombre de nouveaux arrivants chaque année.

Cette situation de pénurie favorise largement l'augmentation des prix au mètre carré. En 2021 à Toulouse, il s'établissait en moyenne à 4350 euros, soit 6% de plus qu'en 2019. Jusqu'à 4570 euros dans Toulouse intramuros.

Et la tendance ne va pas en s'arrangeant. Les prévisions pour les prochaines années sont pessimistes.

Des prix toujours en hausse

Pour 2022, pas d'amélioration à prévoir. Le marché du neuf reste faible car peu alimenté.

A cela il faut ajouter un contexte d'inflation inédite, qui va mathématiquement entraîner une hausse des prix. Dans ces conditions, le marché immobilier pourrait diminuer de moitié en 4 ans et progresser de 15 points en terme de valeur.

D'ici 2024, le prix moyen dans l'agglomération toulousaine pourrait frôler les 5000 euros au mètre carré. C'est ce que prévoit l'agence Adéquation.

Des biens de moins en moins abordables

Avec moins de 2000 euros de revenus mensuels, il va être désormais très compliqué d'acquérir un logement à Toulouse. Car la pénurie de biens s'accompagne depuis peu d'un durcissement des conditions d'accès à l'emprunt et d'un relèvement des taux d'intérêt.

Là où il fallait un revenu net de 2160 euros par mois pour acquérir un T2 dans le neuf en 2020, il en faudra plus de 2700 en 2024. soit une perte de 10% des ménages éligible.

Seule l'offre de logement neufs à prix abordables pourra continuer à servir une part significative des ménages, notamment les primo accédants.

Mais il faudra emprunter sur des durées longues de plus de 20 ans et avoir un apport de 10% pour ne pas dépasser le seuil fatidique des 33% d'endettement.