Toulouse : le "cannibale de Nouilhan" s'échappe d'un hôpital psychiatrique

Publié le Mis à jour le

L'homme surnommé le "cannibale de Nouilhan" s'est échappé, le 19 janvier après-midi, de l'hôpital psychiatrique Marchant à Toulouse. Il a violemment agressé une dame dans la soirée avant d'être interpellé et de nouveau interné.

Il est en proie à des délires mystiques et est déclaré comme "schizophrénique" Jérémy Rimbaud, plus connu sous le surnom du "cannibale de Nouilhan", s'est échappé, mercredi 19 janvier 2022 dans l'après-midi, de l'hôpital Marchant de Toulouse où il est interné pour un bref séjour. Il a ensuite agressé une personne âgée dans un quartier toulousain. 

"Il l'a frappée sauvagement"

Vers 22h00 hier dans le quartier des Chalets en effet, il a sauté sur une vielle dame et l'a frappée avec un bâton. "Il l'a frappée sauvagement à la tête avec un manche à balai. Les jours de cette dame ne sont pas en danger, elle va s'en sortir mais elle est très choquée ", nous confirme une source policière. 

Des passants, très surpris par cette attaque, seraient intervenus et auraient très vite alerté la police. "Heureusement que nos collègues ont pu intervenir très vite pour maîtriser cet individu et l'interpeller", précise cette source policière.  

Un homme extrêmement dangereux

La police a arrêté Jérémy Rimbaud surnommé le "cannibale de Nouilhan" et l'a placé en garde à vue mais vu son état psychique, il est de nouveau interné à l'hôpital Marchant. L'homme est atteint de schizophrénie sévère et considéré comme très dangereux. 

En 2013 en effet, Jérémy Rimbaud, né en 1987 à Tarbes, âgé de 26-27 ans à l'époque, avait tué un agriculteur de 90 ans dans les Hautes-Pyrénées. Il lui avait arraché le cœur et la langue. L’homme avait alors ensuite mangé les morceaux arrachés au corps avec des haricots tarbais. Une agression sauvage, une véritable scène d'horreur. 

Cet ancien militaire avait mis le feu à sa victime avant de quitter les lieux et avait ensuite tenté de tuer un autre habitant de ce village. 

Le meurtrier avait, à l'époque, entendu des voix. Des voix impérieuses qui lui ordonnaient de tuer. C’est du moins ce qu’il racontera. 

Une abolition de ses facultés mentales 

L’examen psychiatrique de ce jeune homme avait révélé "des mécanismes délirants" et "une abolition des facultés mentales". Il était en plein "délire mystique" au moment des faits en 2013, selon les experts psychiatriques. 

Jérémy Rimbaud, ancien militaire dans un régiment de char de l'infanterie de marine basé à Poitiers, avait déjà subi une expertise à son retour d'Afghanistan.

Il souffrait, selon ce rapport, d'un syndrome post-traumatique ainsi que d'une forme très sévère de schizophrénie et était régulièrement victime d'hallucinations.

En 2013, il avait donc été déclaré pénalement irresponsable de ses actes et interné en hôpital psychiatrique dans l'unité fermée pour malades difficiles de Cadillac en Gironde.

Il avait été transféré pour un bref séjour à l'hôpital Marchant de Toulouse d'où il a réussi à s'échapper hier. Ce mercredi, les explications de la direction du centre hospitalier Gérard Marchant sont imprécises. 

Ce patient a quitté l'établissement en milieu de journée amenant la mobilisation immédiate des équipes du centre hospitalier, puis celle des forces de l'ordre, pour pouvoir le localiser et permettre sa réintégration au plus vite.

Direction du centre hospitalier Gérard Marchant.

Mobilisés pour le retrouver 

Une fois sa disparition constatée, les équipes médicales, les services de l'Etat et forces de police se sont en effet lancés à sa recherche. "Nous avons été en lien étroit avec l'hôpital dès que nous avons été prévenu, et ce jusqu'à la réintégration de l'individu à l'hôpital ", nous explique dans un communiqué les services de la préfecture de Haute-Garonne. 

Dans le même temps hier, les gendarmes des Hautes-Pyrénées ont mis en place un dispositif de surveillance aux abords du domicile familial de Jérémy Rimbaud pendant plusieurs heures, avant qu'il ne soit arrêté.

Difficile de savoir comment et pourquoi cet individu dangereux a pu échapper à la surveillance et se retrouver dans les rues de Toulouse. 

Une faille dans le système

Le préfet a demandé à la direction de l'hôpital que l'individu soit placé en secteur fermé ainsi qu'un rapport complet, précis et circonstancié sur cette fugue. 

communiqué de la préfecture de Haute-Garonne. 

 "Un établissement de santé, même si il prend en charge une personne dangereuse, n'est pas géré comme un établissement carcéral. Jérémy Rimbaud a dû profiter d'une faille dans le système", nous explique Jean-Michel Peletier, vice-procureur de la République de Toulouse. 

" Nous allons quoiqu'il arrive ouvrir une enquête suite à l'agression d'hier et nous verrons si Jérémy Rimbaud est apte à être jugé. Mais vu les délires auxquels il est en proie et son état psychiatrique cela me paraît fort peu probable", conclut le vice-procureur de la République.