Toulouse : le théâtre de la cité met fin à l’occupation des intermittents et précaires

L’occupation du théâtre de la cité à Toulouse est terminée. Des intermittents du spectacle et précaires avaient investi le théâtre il y a deux mois pour réclamer l’abrogation de la réforme de l’assurance chômage. Ils ont quitté les lieux ce mercredi à la demande d'un huissier.

Le théâtre de la cité à Toulouse a mis fin à l'occupation menée depuis deux mois par des intermittents et précaires en lutte contre la réforme de l'assurance chômage
Le théâtre de la cité à Toulouse a mis fin à l'occupation menée depuis deux mois par des intermittents et précaires en lutte contre la réforme de l'assurance chômage © Collectif Aux Arts ETC

Difficile de dire s’il s’agit du dernier acte mais ce mercredi matin, les occupants du théâtre de la Cité à Toulouse ont quitté les lieux à la demande d’un huissier accompagné de policiers. La nuit dernière il n’y avait que cinq personnes qui dormaient sur place. Les intermittents et précaires qui avaient investi le théâtre il y a deux mois parlent d’évacuation et dénoncent dans un communiqué "la lâcheté et l’hypocrisie" de la direction du théâtre.

Le théâtre de la Cité, un lieu symbolique

Depuis le 11 mars, des artistes, des techniciens, intermittents ou non mais aussi des chômeurs de différents secteurs utilisaient le théâtre comme un QG autour d’une lutte commune : la réforme de l’assurance chômage. "Pour nous, ce lieu est un symbole du secteur culturel et puisqu’il se nomme théâtre de la cité on aurait pu en faire un lieu de résonnance des agoras citoyennes", dit Mathieu Torres du collectif Aux Arts Etc.

Après plus de six mois de fermeture en raison de l’épidémie de Covid, le théâtre de la Cité doit rouvrir au public le 19 mai.

"On entend que l’occupation c’est gênant pour la réouverture mais on n’était pas là pour empêcher la culture de vivre. Occuper ce n’est pas forcément empêcher la programmation et l’organisation du travail. On aurait pu cohabiter", regrette Mathieu Torres. Le collectif des intermittents et précaires appelle à un rassemblement à 15 heures devant le théâtre. Une nouvelle assemblée générale devrait préciser les actions à venir.

Le "règlement d'occupation" n'était plus respecté selon la direction du théâtre

Dans un communiqué, la direction du théâtre explique que le "réglement d'occupation" n'était plus respecté par les occupants. Ces derniers auraient notamment décidé d'organiser leur assemblée générale à l'intérieur du théâtre avec une jauge illimitée en nombre. A la mi-avril, ils avaient pourtant négocié et mis en place des règles sanitaires et sécuritaires concernant la tenue des réunions, leur fréquence, et les AG qui ne devaient plus se tenir sur place.
"Ces rassemblements non autorisés d’après le règlement d’occupation, représentent une menace pour la santé du personnel du théâtre, la sécurité des installations et du matériel" dit la direction dans ce communiqué. C'est pour cette raison que la décision a été prise de mettre fin à l'occupation et ce en concertation avec la mairie de Toulouse, la préfecture et la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles). La direction souligne que la décision "n’est pas corrélée au fond des revendications". Elle précise que "les agents de police restés à l'écart n'ont pas été amenés à intervenir.

Stéphane Gil estime que le contrat moral qui avait été passé avec les occupants a été dénoncé. "Après deux mois de dialogue ils ont fait un choix unilatéral", regrette le directeur délégué du théâtre. 

Le mouvement d'occupation des théâtres est parti le 4 mars du théâtre de l'Odéon à Paris et il a depuis essaimé dans une centaine de salles en France. Ce mardi, le gouvernement a annoncé que les intermittents du spectacle, privés de leurs cachets en raison de la crise sanitaire, bénéficieront d'une prolongation de quatre mois de leur indemnisation chômage. Cette mesure, décidée en mai 2020 par le chef de l'Etat et communément appelée "année blanche", devait prendre fin le 31 août 2021. Dans un communiqué, selon l'AFP, la CGT spectacle a salué la prolongation de "premier pas" mais estimé qu'elle allait provoquer une "nouvelle baisse d'indemnisation pour celles et ceux qui n'auront pas ou très peu travaillé du fait des interdictions depuis mars 2020". Elle a appelé à la poursuite du mouvement de protestation.
 

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