Toulouse : la Tour d'Occitanie, valorisée par le gouvernement, fait plus que jamais débat

Emmanuelle Wargon, ministre déléguée chargée du logement, a valorisé ce mardi, lors de sa visite à Toulouse, la tour Occitanie. Une prise de position qui révolte certaines associations dont France Nature Environnement et le DAL 31.

Le projet de la Tour Occitanie ne satisfait pas les défenseurs de l'environnement, alors qu'il est soutenu par la ministre déléguée au logement.
Le projet de la Tour Occitanie ne satisfait pas les défenseurs de l'environnement, alors qu'il est soutenu par la ministre déléguée au logement. © Architecte Daniel Libeskind
En visite à Toulouse, Emmanuelle Wargon, la ministre déléguée en charge du Logement a signé un Projet partenarial d’aménagement dans le cadre des travaux de réhabilitation Grand Matabiau-Quais d’Oc. L’État s’engage ainsi à subventionner ces travaux à hauteur de 4 millions d’euros sur deux ans pour un coût total de 400 millions d'euros. 

A cette occasion, la ministre déléguée a pris position sur la Tour Occitanie en affirmant qu'"elle rendra beaucoup de services à la ville". Des paroles qui choquent les opposants au projet. 

"Aberration écologique et climatique"


"Nous sommes surpris – voire véritablement choqués – d’entendre une ministre donner ouvertement son soutien à un projet privé qui plus est contesté devant la juridiction administrative, mentionne un communiqué signé par Non au gratte-ciel de Toulouse", FNE Midi-Pyrénées, Les Amis de la Terre Toulouse et Droit au Logement 31 qui poursuit : ceci d’autant plus que nos associations n’ont jamais été consultées par la ministre".

Ces associations ont porté un recours devant le tribunal administratif, contre cette construction qui leur apparaît comme une aberration sur le plan écologique et climatique. Elles relèvent notamment une consommation énergétique importante mais non renseignée, le fait qu'aucune énergie renouvelable ne soit utilisée, des conséquences sur le système hydraulique souterrain.

Recours administratif


Les signataires du communiqué s'inquiètent des risques, le projet étant "situé le long d'un axe de transport de matières dangereuses et dans une zone potentiellement sensible en cas d’inondations, et une grande vulnérabilité aux aléas météorologiques et climatiques".

Ils s'étonnent que ces enjeux environnementaux ne soient pas pris en compte par la ministère déléguée au logement, dans la mesure où elle est rattachée au ministère de la transition écologique et solidaire.

Absence de logements sociaux


Concernant la nécessité de densifier l'habitat urbain, les associations estiment qu'"une tour de 150 mètres de haut abritant un hôtel cinq étoiles, des commerces et des logements de luxe n’est pas une solution sérieuse". Elles enjoignent plutôt la municipalité à "stopper l’artificialisation des zones agricoles et naturelles".

"Le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) prévoit encore la consommation de 175 hectares de terres naturelles ou agricoles par an, poursuit le communiqué. Et pour reconstruire la ville sur la ville d’autres modèles d’urbanisation plus dense existent depuis longtemps et qui ne nécessitent pas d’édifier à de telles hauteurs (quartier des Chalets, avenue de la Gloire...)".

L'absence de logements sociaux dans la future Tour est aussi déplorée par le collectif : "sa conception dispendieuse et les coûts de son entretien ne le permettent pas" mentionne encore le communiqué. 
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