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Toulouse : un film pour chasser tout “A Priori” sur le quartier des Izards

Capture d''écran du film "A Priori"
Capture d''écran du film "A Priori"

Réalisé dans le cadre d'un atelier d'éducation à l'image, ce documentaire raconte la rencontre entre des jeunes de ce quartier "sensible" de Toulouse et des agriculteurs ariégeois. Il est projeté jeudi 11 juin à Toulouse.

Par Fabrice Valery

C'est une belle aventure pour quatre jeunes du quartier des Izards à Toulouse. "A priori" est un film documentaire dont l'objectif est justement de les chasser... les a priori ! Pas négligeable (et pas facile) dans un quartier qui traîne comme un boulet l'image de plaque tournante du trafic de drogue à Toulouse et de quartier d'origine de Mohamed Merah où les conflits se règlent souvent dans la violence !

Un atelier d'éducation à l'image

David, Amine, Rokiane et Ayoub ont participé à un atelier d'éducation à l'image mis en place par l'association "Le Studio Français" et l'accueil jeunes de la ville de Toulouse dans le quartier. L'objectif, au-delà de la découverte et de la manipulation d'outils audiovisuels et notamment de la caméra, c'était de casser l'image des jeunes de quartiers et les clichés sur les banlieues.

Casser les clichés sur le quartier​

Le film d'une quinzaine de minutes commence pourtant par une scène, tournée sur les quais de la Garonne, où transpire la violence verbale mais où surtout l'éducateur spécialisé qui accompagne les jeunes tente de leur montrer qu'ils sont responsables de l'image qu'ils envoient aux autres.
Les quatre jeunes prouvent aussi par moment qu'ils peuvent avoir de l'humour.

Moi je veux être acteur, mais c'est pas facile parce que dans ma famille ils sont tous médecins ou avocats, alors ils comprennent pas !"
Amine (extrait de "A Priori").


Aucune image du quartier

Ce qui frappe dans le film c'est qu'à aucun moment on ne voit d'image du quartier des Izards. "C'était un choix des jeunes eux-mêmes, explique Xavier Larroque du Studio Français. Ils ne voulaient pas filmer dans leur quartier et nous, nous souhaitions les emmener loin de leurs repères, du territoire symbolique des izards".
L'association et l'éducateur ont donc décidé d'emmener ces jeunes en Ariège, à Aulus les Bains. La rencontre avec un cafetier et un agriculteur ariégeois, ce fut donc pour les quatre jeunes comme mettre le pied dans un monde totalement inconnu.

Le fait d'être projeté en public oblige à se poser des questions sur l'image que l'on renvoie aux autres"
Xavier Larroque

Un projet de fiction

L'atelier a duré 10 jours, dont 2 pour le tournage. Et débouche sur une projection publique du film (jeudi 11 juin à 19 heures, salle Ernest Renan à Toulouse) devant les familles, les copains mais aussi des élus ou des représentants d'institutions qui ont participé au financement de l'atelier. 
"Le fait d'être projeté en public, explique Xavier Larroque, les oblige à se poser des questions sur l'image d'eux qu'ils renvoient aux autres". Des questions qui restent parfois encore sans réponse mais une certitude : cette première expérience cinématographique aura une suite, sans doute sous la forme d'une fiction

EN VIDEO / deux extraits de "A Priori" : 

Extraits du film "A priori"

 

"Le Studio Français", une association pour ceux qui n'accèdent jamais aux médias

Xavier Larroque a créé l'association "Le Studio Français" à Toulouse il y a 18 mois avec des amis d'Amérique Latine, où il a vécu pendant 10 ans. Il mène avec cette association des projets d'ateliers d'éducation à l'image avec des populations "qui n'ont jamais accès aux médias traditionnels". Cela ne se limite pas aux jeunes de quartiers sensibles. Prochainement, c'est avec les personnes âgés dépendantes d'un EHPAD du Tarn qu'il va travailler. 

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