Toulouse : une étude du CHU démontre que la Covid 19 entraîne une dénutrition chez 4 patients sur 10

Les équipes du CHU Rangueil de Toulouse ont publié une étude qui permet de mesurer l’impact réel de la Covid-19 sur l’état nutritionnel des malades. Près de 40% des patients diagnostiqués présentent un état de dénutrition.

L'étude des équipes du CHU de Rangueil à Toulouse montre que 4 patients sur 10 présentent un état de dénutrition. archives.
L'étude des équipes du CHU de Rangueil à Toulouse montre que 4 patients sur 10 présentent un état de dénutrition. archives. © Lionel Le Saux/MaxPPP

On en sait un peu plus sur les effets et les conséquences de la Covid-19 sur notre organisme. Les équipes du CHU de Toulouse, en collaboration avec l'Institut des maladies métaboliques et cardiovasculaires (Inserm/Université Toulouse III – Paul Sabatier), viennent de publier une étude dans le British journal of Nutrition (BJN) qui permet de mesurer l’impact réel de la Covid-19 sur l’état nutritionnel des malades.

Perte du goût ou de l’odorat

Un des symptômes du virus est la perte de goût ou de l'odorat. S'ajoutent également la perte d’appétit, une grosse fatigue et des difficultés respiratoires. Un état qui a des conséquences importantes sur l'alimentation.

Selon les équipes toulousaines de l'hôpital Rangueil, 37,5% des patients diagnostiqués ont présenté un état de dénutrition lors de la première vague de la pandémie en 2020, soit 80 patients.

Le docteur Antoine Rouget, médecin réanimateur à l’hôpital Rangueil et auteur principal de l’étude explique : 

Nous avons repéré des éléments comme un IMC trop bas, une perte de poids récente, une diminution des apports alimentaires et une maladie aiguë (ici, la Covid). Ce diagnostic était fait le jour de l’arrivée à l’hôpital après en moyenne 7 jours d’évolution des symptômes à la maison.

Un facteur aggravant 

L’étude a mis en exergue que sur les patients en état de dénutrition, 46,2% déclaraient une réduction de plus de la moitié de leurs apports nutritionnels à la maison. Cela s’explique dans plus d’un quart des cas par la perte du goût (27,8 %) ou une perte d’appétit (27,8%) et dans un cas sur cinq par une fatigue (21,5%) ou une perte d’odorat (20,3%).

Sur le plan biologique, le taux sanguin d’albumine à l’admission était effondré comme cela est le cas dans d’autres maladies inflammatoires sévères. La dénutrition est un facteur aggravant dans l’évolution des maladies d’une manière générale et sa prise en charge spécialisée améliore globalement le pronostic des patients. L'étude démontre qu'après une détection rapide de cas de dénutrition, l'état de santé s'améliore.

A noter que les patients dénutris n’ont pas eu plus souvent recours à la réanimation.

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