Toulouse : les urgentistes de la clinique de l'Union en grève

Dans le privé aussi les conditions de travail sont difficiles pour le personnel soignant. / © C.Neidhardt/France 3 Occitanie
Dans le privé aussi les conditions de travail sont difficiles pour le personnel soignant. / © C.Neidhardt/France 3 Occitanie

Six mois après le début du mouvement, les salariés des urgences de la clinique de l'Union à Toulouse ont entamé une grève illimitée le mardi 8 octobre. Ils réclament une prime de 100 euros net par mois, comme celle accordée par la ministre de la Santé aux urgentistes du public. 

Par M.D

Ils sont brancardiers, infirmières, administratifs... en tout, 35 membres du personnel des urgences sur 38 sont entrés en grève illimitée mardi 8 octobre à la clinique de l'Union. Presque six mois après le début du mouvement dans les hopitaux publics, les employés du privé ne veulent pas être laissés pour compte. 
 

Contraintes similaires

Difficile pour eux de comprendre pourquoi la prime de 100 euros net promise par Agnès Buzyn aux urgentistes du secteur public ne leur sera pas accordée. Pourtant, Anne-Laure Renault, infirmière à la clinique, fait face aux mêmes difficultés : "Les contraintes sont similaires : l'agressivité des patients, le manque de lits d'aval, le manque de pérennisation des postes vacants..." D'autant que selon les grévistes, le service des urgences de la clinique accueille 30 000 patients par an et arrive juste derrière le CHU de Toulouse en terme de fréquentation.
 
Anne-Laure Renault, au centre, discute avec les infirmières du service / © C.Neidhardt/F3 Occitanie
Anne-Laure Renault, au centre, discute avec les infirmières du service / © C.Neidhardt/F3 Occitanie

Même constat pour Marie-Laure Bourdeuil. Elle estime que l'écart de salaire se creuse de plus en plus entre le public et le privé pour les infirmières :

Le salaire commence chez nous à 1400 euros, contre 1700 euros à l'hôpital. Plus cette prime, ça commence à faire un sacré écart pour le même travail...

 

"Un problème de tous les jours"

Le personnel de l'Union demande donc une prime équivalente au groupe Ramsay, propriétaire de la clinique. Mais doute que celui-ci paye de sa poche. Car dans le secteur privé, les contraintes budgétaires sont élevées, comme l'explique le docteur Henri Viot : "Le problème pour les dirigeants, c'est de compresser au maximum sur le plan financier." 

Même s'ils ne peuvent pas rejoindre le mouvement de grève, les médecins urgentistes sont solidaires du mouvement à la clinique. De son côté, la direction a déclaré qu'elle était en négociation avec le gouvernement pour que celui-ci paye la prime. Une réunion avec l'Agence Régionale de Santé est prévue dans les prochains jours. 
 

La grève prend de l'ampleur

Quoi qu'il en soit,  le mouvement de grève semble peu à peu gagner le privé dans l'agglomération toulousaine. Les salariés d'une autre clinique du groupe, celle de la Croix-du-Sud à Quint-Fonsegrives ont déclaré qu'ils entameraient une grève illimitée le jeudi 10 octobre. Les urgentistes du CHU de Toulouse ont aussi invité ceux du secteur privé à rejoindre leur manifestation qui se déroulera vendredi 11 octobre à 14h devant l'hôpital de Purpan. 

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