Trois lycées toulousains tirent la sonnette d'alarme : trop d'élèves par classe et des résultats du bac en chute libre

Les enseignants du lycée Rive gauche de Toulouse alarment sur les conditions d'accueil dégradées des élèves. / © Julie Valin/FTV
Les enseignants du lycée Rive gauche de Toulouse alarment sur les conditions d'accueil dégradées des élèves. / © Julie Valin/FTV

Les enseignants des lycées Rive Gauche, Déodat-de-Séverac et des Arènes se mobilisent, ce mardi 1er octobre 2019, pour dénoncer des classes surchargées et des résultats du bac 2019 "catastrophiques". Ils demandent des moyens supplémentaires. 

Par Marie Martin

Quatre semaines après la rentrée scolaire, la coupe est pleine pour les enseignants de trois lycées toulousains.

Pour eux, les conditions pour un accueil des élèves et un enseignement de qualité ne sont actuellement pas réunis. Dans les lycées Rive Gauche, des Arènes et Déodat-de-Séverac, les élèves de seconde seraient 35 voire 36 par classe et les effectifs seraient également trop lourds dans les autres niveaux (jusqu'à 35 en Terminale). 
A cela s'ajoutent des procédures administratives multiples. Et surtout une réforme du baccalauréat dont la mise en oeuvre est difficile.

Pour ces raisons, les enseignants de ces trois établissements se mobilisent, ce mardi 1er octobre 2019. Réunis devant le Rectorat de Toulouse, ils demandent des moyens supplémentaires, notamment par le biais de créations de classes de seconde.

Des résultats du bac "catastrophiques"

La conséquence de ces conditions de travail sont d'ores et déjà visibles, pour ces enseignants en colère. Les résultats du bac 2019 seraient en effet "catastrophiques", selon les mots des professeurs du lycée Rive Gauche. 35 % d'échec pour la série ES, 20 % en S, 25 ù en L et en STMG, 15 % en ST2S en 2019 (informations encore à confirmer auprès du Rectorat de Toulouse).

Et ils en ont l'explication. Depuis l'ouverture du lycée de Tournefeuille, les élèves de cette commune périphérique de Toulouse ne sont plus scolarisés au lycée Rive Gauche : la population de cet établissement a donc changé. Moins de mixité, plus d'élèves issus de l'éducation prioritaire donc plus de difficultés scolaires et sociales. Et ce sont ces mêmes élèves qui se retrouvent dans des classes à 36.

Souffrance au travail

Cette situation crée du stress chez les enseignants qui, confrontés à l'impossibilité d'assure leur mission correctement, évoquent une "souffrance au travail". Les arrêts maladie pour burn-out ou dépression seraient en augmentation, selon un rapport du CHSCT. 

Jeudi 26 septembre 2019, les enseignants du lycée Déodat-de-Séverac et du lycée Rive Gauche ont adressé un courrier à la DASEN, la directrice académique des services de l'Éducation nationale de Toulouse, lui rappelant qu'elle avait à plusieurs reprises visité ces établissements et reconnu que le secteur méritait son attention "en raison de sa composition sociale et de la difficulté de son recrutement". 

Aujourd'hui, les professeurs attendent des réponses et des mesures concrètes. Ils sont venus au Rectorat de Toulouse, mardi en fin de matinée, espérant être reçus. Dans un nouveau communiqué publié cet après-midi, ils déplorent de n'avoir pu échanger qu'au travers des grilles. Sans obtenir de rendez-vous en face à face. "Nous dénonçons la manière méprisante avec laquelle nous avons été traité-e-s et confirmons l’intégralité de nos revendications pour le service public d’éducation et la réussite de nos élèves."

Voir le reportage de Julie Valin et Martin Vanlaton, de France 3 Occitanie : 
 
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