Un Airbus A321 perd plusieurs hublots peu après son décollage : le constructeur de l'avion n'est pas responsable, mais la cause pas banale

Que s'est-il passé, le 4 octobre 2023, lorsqu'un Airbus A321 perd plusieurs fenêtres en vol et doit réatterrir à l'aéroport de Londres Stansted ? La direction britannique des enquêtes sur les accidents aériens vient de publier son rapport ce jeudi 18 avril 2024. Le constructeur n'y est pour rien.

L'accident n'avait pas fait de blessés, mais causé une grosse frayeur aux neuf passagers et onze membres d'équipage. Le 4 octobre 2023, une fenêtre de cabine d'un Airbus A321 "se ramollit" peu après le décollage de l'avion. Puis, trois hublots se détachent. L'appareil doit rapidement revenir à son point de départ, l'aéroport de Londres Stansted. Le vol charter est annulé. Et l'AAIB, la direction britannique des enquêtes sur les accidents aériens, s'empare du dossier. Elle vient de rendre son rapport.

Bruit et froid inhabituels

Le rapport évoque le témoignage de plusieurs passagers de ce vol à destination d'Orlando, en Floride. "Ils se sont souvenus qu'après le décollage, la cabine de l'avion leur avait semblé plus bruyante et plus froide que ce à quoi ils étaient habitués." Une fois les voyants des ceintures de sécurité éteint, le responsable du chargement à bord se lève et se dirige vers l'arrière de l'avion. Lui aussi remarque "l'augmentation du bruit de la cabine alors qu'il s'approchait des sorties au niveau des ailes et son attention est attirée par un hublot situé à gauche de l'avion. Un joint bat dans un flux d'air, le hublot semble avoir glissé vers le bas."

Le personnel de cabine est alerté, le commandant de bord informé et décision est prise de faire demi-tour. Après 36 minutes de vol, l'Airbus A321 atterrit sans encombre à l'aéroport de Londres Stansted. Une fois posé, l'équipage procède à l'inspection extérieure de l'avion.

"Ils ont vu que deux hublots de la cabine manquaient. Une vitre et un joint d'étanchéité étaient délogés sur un troisième."

Un tournage de film en cause

La veille du décollage, l'avion avait été utilisé pour un tournage de film sur le tarmac. "Des lumières externes avaient été projetées à travers les fenêtres de la cabine pour donner l'illusion d'un lever de soleil", précise dans son rapport l'AAIB. "Les lumières ont d'abord été projetées sur le côté droit de l'avion pendant environ cinq heures et demie. Puis, elles ont été déplacées sur le côté gauche de l'avion afin d'éclairer une zone similaire de l'avion durant encore cinq heures et demie."

La durée d'exposition est particulièrement longue. Bien trop longue.

"Les lumières à haute intensité utilisées lors d'un tournage ont émis suffisamment de rayons IR pour chauffer les fenêtres en acrylique à une température suffisante pour les ramollir, ce qui a entraîné des déformations et des rétrécissements. Les fenêtres déformées sont tombées en raison des vibrations ou de la différence de pression entre elles lorsque l'avion a pris de l'altitude après le décollage", conclut la direction britannique des enquêtes sur les accidents aériens.

Suite à cet accident, Airbus a publié un document d'information mettant en évidence les dommages qui peuvent être causés par des lumières à haute intensité à proximité d'un avion. De son côté, l'exploitant de l'aéronef a souligné la nécessité d'une évaluation des risques appropriée et axée sur l'aviation lors de la réalisation de ce type d'activité.

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