Un dealer ex-Front National va comparaître à Toulouse pour tentative d'assassinat sur un ancien policier cocaïnomane

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Écrit par Benoît Roux

Le 27 septembre 2019, Raphaël Goiset ancien dirigeant de la jeunesse du FN dans le Jura tire sur un ancien policier toulousain près de la forêt de Bouconne. L'homme de 35 ans est laissé pour mort. Son agresseur présumé qui vivait alors dans le Gers sera jugé du 13 au 15 juin à Toulouse.

Les faits reprochés à Raphaël Goiset qui sera jugé au mois de juin à Toulouse remontent au 27 septembre 2019. Ce jour-là, le dealer a donné rendez-vous à l'un de ses clients, un ancien policier auprès duquel il veut récupérer sa dette. 

3 balles dans la peau : l'homme de 35 ans est laissé pour mort

Sur un parking isolé de la commune de Lévignac à l'ouest de Toulouse, Raphaël Goiset a donné rendez-vous à William S, officiellement pour être son garde du corps lors d'une transaction. Cet ancien policier bâti tel une armoire à glace est l'un de ses clients. Raphaël Goiset lui réclame depuis plusieurs mois une dette avoisinant les 1000€. Alors, il va tout faire pour les récupérer.

Selon le journal Marianne, cet ancien rugbyman est un ami toxicomane de Goiset,  radié de la police et vivant du RSA. Rapidement, le garde du corps d'un soir comprend qu'il est tombé dans un traquenard.

Toujours selon le journal Marianne, les 2 hommes descendent de la voiture. Goiset sort alors son Magnum 357 chargé de cinq balles et tire à plusieurs reprises sur William S. Une première balle le frappe de dos et traverse l'épaule droite. Une deuxième lui perce l'abdomen, la dernière l'avant-bras. Deux autres balles ne l'atteignent pas.

Laissé pour mort, William S parvient à ramper jusqu'au bord de la D24 où un automobiliste l'apercevra. Plongé dans le coma, l'homme donnera le nom de son agresseur à son réveil à l'hôpital. Un vrai miraculé, qui a failli mourir pour une dette dérisoire : 960€. À moins qu'il y ait d'autres motifs derrière.

Goiset, un ancien dirigeant d'extrême-droite

Quelques jours après les faits, Raphaël Goiset est interpellé le 7 octobre par l'antenne GIGN et la Section de recherches de Toulouse à son domicile de Gimont dans le Gers. Mis en examen, l'homme est placé en détention provisoire à la maison d'arrêt d'Albi. 

Le procès de cet homicide manqué sera jugé devant la Cour d'assises de Toulouse du 13 au 15 juin. Ceci alors que deux meurtres à l'arme à feu ont été perpétrés récemment par des militants d'extrême droite dont celui du rugbyman Federico Aramburú. 

Dans le Jura, Goiset a pris la carte du FN et dirige sa section jeunesse en 2014. La même année, il se présente aux élections municipales de sa ville : Clairvaux-les-Lacs. Selon le journal Le Progrès, l'homme a été condamné à 6 mois de prison avec sursis pour des faits de violence sur son ex-compagne en 2017.

Un leader des Gilets jaunes à Toulouse

Peu de temps après, il fuit le Jura -mais pas la cocaïne- pour s'installer dans le Gers et tenter de faire oublier une mauvaise réputation. Il réside à Gimont.

En 2019, il devient l'une des figures locales des Gilets jaunes.  À plusieurs reprises, il organise des actions, prend la tête des cortèges, comme ici à Toulouse au mois d'octobre, pour tenter d'apaiser les commerçants mécontents et défendre les Gilets jaunes blessés.

Quelques mois plus tard, il y a donc le rendez-vous près de la forêt de Bouconne qui laissera l'ancien policier handicapé à vie.

Devant la Cour d'assises de Toulouse, Raphaël Goiset encourt 30 ans de réclusion.