"Un espace littéralement labouré" : la difficile cohabitation entre un festival historique de centre-ville et la préservation d'un important parc

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Le festival Rio Loco a ouvert ses portes ce mercredi 12 juin 2024 au soir. Concerts et animations vont se succéder à la Prairie des filtres de Toulouse, un espace vert que certains riverains aimeraient voir mieux préserver. Le festival attire chaque année en moyenne 45000 spectateurs.

C'est un rendez-vous populaire. Le festival Rio Loco a pris ses quartiers, en bord de Garonne, à l'ombre des arbres de la Prairie des filtres, à Toulouse. Une quarantaine de concerts et des animations vont s'y succéder durant cinq jours et attirer des dizaines de milliers de spectateurs. Certains riverains font quelque peu grise mine et s'inquiètent de "la destruction de ce poumon vert" causée par l'accueil de ce type de manifestations.

Des dégâts durables sur les pelouses ?

Patrick Coste habite juste en face de la Prairie des filtres. De son balcon, il a une vue directe sur les installations montées pour les cinq jours du festival. "On a une sorte de mur de bruit et des infrastructures provisoires qui bouchent tout. C'est la contemplation barrée", nous dit-il.

Ce membre du collectif Prairie des filtres n'a rien contre le festival en tant que tel. Ce qui le préoccupe, ce sont les dégâts durables qui peuvent être causés par l'organisation du Rio Loco et autres manifestations sur cet îlot de verdure. "Il y a une destruction d'un espace vert en centre-ville. Une destruction d'une année entière pour un festival de quatre jours, cela devrait faire réfléchir", dit-il.

On peut parler d'un espace qui est littéralement labouré.

Patrick Coste, riverain et membre du collectif Prairie des filtres

Passage de camions pour acheminer les infrastructures nécessaires. Plusieurs dizaines de milliers de personnes attendues... "Un festival, c'est très bien, mais c'est surdimensionné et cela laisse des traces", ajoute Jean-Claude Clouzel. Membre des Amis de la Terre et également riverain, il s'inquiète de ne plus avoir accès à ce poumon vert de la ville dont les habitants ne peuvent finalement profiter des pelouses que sept à huit semaines dans l'année. Ces riverains en appellent à une prise de conscience compte tenu du réchauffement climatique et des sécheresses à répétition.

"Vivre cette manifestation dans l'harmonie"

Ces remarques et critiques de riverains ont tendance à agacer Jean-Paul Bouche, élu municipal et médiateur de la ville de Toulouse. Ce sont là un tout petit nombre de personnes, nous dit-il. "J'ai des retours de personnes qui défendent le Rio Loco, veulent le conserver, notamment parce qu'ils sont conscients que la grogne légitime après la Coupe du monde de rugby a été prise en compte", explique l'élu.

Des réunions ont été organisées et un travail mené pour la maitrise du bruit et l'accès des riverains à la Prairie des filtres, affirme Jean-Paul Bouche. 

Tout un tas de mesures ont été étudiées sur site avec le directeur du festival et le collectif de riverains. Je pense qu'on va pouvoir vivre cette manifestation dans l'harmonie.

Jean-Paul Bouche, élu et médiateur de la ville de Toulouse

Une alternative est-elle envisagée pour accueillir le festival ? C'est ce que souhaitent certains riverains. Mais la municipalité tient à proposer aux habitants et au plus grand nombre ces manifestations populaires que sont le Rio Loco ou encore Toulouse Plage.

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