Une association constate la multiplication des agressions contre les prostituées : "le cadre légal favorise l'augmentation des violences"

Après l'agression au poignard d'une prostituée, dimanche 26 mai 2024, dans le centre-ville de Toulouse (Haute-Garonne), l'association Grisélidis constate une augmentation des actes de violences contre les travailleuses du sexe, ces derniers mois.

C'est arrivé dimanche 26 mai, dans l'après-midi. Dans le centre-ville de Toulouse (Haute-Garonne), près de la place Belfort, une femme reçoit au moins deux coups de couteau dans le cou, de la part d'un homme. Elle a 57 ans et se prostitue. L'homme aurait refusé de la payer, après avoir fait appel à ses services.

Une situation qui semble se répéter, selon Grisélidis, association venant en aide au TDS (travailleuses du sexe), qui évoque "une forte augmentation des agressions". June Charlot, en charge de la communication de l'association, explique : "Nous avons un outil, le "cahier des agressions", dans lequel on répertorie toutes les violences que les prostituées nous confient avoir subies." Et ces derniers mois l'association constate de plus en plus d'agressions, "notamment avec des armes blanches ou armes de poing"

Repoussées du centre-ville 

L'idée de ce "cahier des agressions" est de consigner le plus de détails possible pour que les victimes concernées puissent porter plainte. "Certaines d'entre elles ne souhaitent néanmoins pas déposer plainte, souligne June Charlot. Car pour elles, la police est avant tout un organe de répression, avant d'être un organe de protection."

En cause, les arrêtés municipaux, déposés par Jean-Luc Moudenc depuis 2014, qui interdisent la prostitution dans de nombreuses rues de Toulouse. "Les policiers passent plusieurs fois par jour dans ces rues, assure June Charlot. Les filles passent leur temps à se cacher pour les éviter." 

Moins de clients et plus de contraintes

Ces arrêtés sont un des facteurs participant à la récurrence des violences, selon Grisélidis. "Les prostituées sont repoussées toujours plus loin du centre-ville, affirme June Charlot. Beaucoup d'agressions ont alors lieu dans des zones périphériques, peu fréquentées, donc dangereuses. Les femmes, souvent migrantes, sont plus vulnérables et les agresseurs en profitent." 

À cela s'ajoute la loi de pénalisation des clients, votée en 2016. "Les TDS ont moins de clients, et sont obligées d'accepter des hommes qu'elles n'auraient pas accepté avant. Il faut bien qu'elles mangent, rappelle June Charlot. Le cadre légal favorise l'augmentation des violences." 

Une "précarisation globale" 

"Je pense qu’on est face à un contexte global de précarisation, déclare June Charlot. On a remarqué que place Belfort, c’était beaucoup plus tendu ces derniers temps. Les hébergements d'urgence sont saturés, et de plus en plus de personnes traînent là-bas, livrées à elles-mêmes, alors qu'elles nécessiteraient une prise en charge." 

L'association rappelle que si les prostituées de la rue sont soumises à la violence, celles qui officient par internet sont logées à la même enseigne. "Elle sont de plus en plus nombreuses, et tout aussi vulnérables face aux agressions", conclut June Charlot. 

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