Une journée à la COP 27 : l'expérience d’un étudiant de Toulouse, observateur de la conférence pour le climat en Egypte

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Écrit par June Raclet .

Un étudiant toulousain de l’ENS participe en tant qu’observateur à la COP 27 qui se déroule actuellement en Egypte. Immersion, à travers son regard, dans l’effervescence des négociations internationales sur le climat.

À 23 ans, Rémy Giacobbo se destine à devenir délégué pour la France ou l'Union européenne dans les négociations climatiques. Élève de l’ENS, il a suivi des séminaires dédiés au fonctionnement de ces négociations pour le climat. Autant dire qu’il était préparé lorsqu’il a débarqué samedi dernier à Sharm el-Cheykh, pour observer les négociations de la COP 27. « Mais entre la théorie inscrite sur un tableau noir d’école et la réalité de ce qu’il se passe en Egypte, il y a un sacré écart ! » lance Rémy Giacobbo.

Tout comme pour ses 6 autres camarades de l’ENS envoyés à la COP, la journée de Rémy Giacobbo démarre vers 8 heures. Et les questionnements surgissent dès le trajet qui mène aux salles de négociation. 

Quand on se déplace dans Sharm el-Cheykh, station balnéaire en plein désert, sorte de Las Vegas où les casinos bordent les mosquées et où tout semble faux, on ne peut qu’être interpellé par ce côté non éco-compatible d’une ville qui accueille un sommet sur l’environnement.

Rémy Giacobbo, observateur de la COP 27

Entre bouleversement des rapports de force et naissance d'un nouveau monde

Une fois arrivé à la COP, les réunions s’enchaînent à un rythme effréné. « Il y a plusieurs types d’événements, explique Remy Giacobbo, mais à mon sens, les plus intéressantes sont les réunions informelles, où les parties se retrouvent dans une salle pour discuter des détails précis du texte avant de présenter une première proposition. »

L’un des gros dossiers de cette COP, ce sont les pays en développement qui réclament des dédommagements financiers pour compenser les pertes et préjudices subis. « C’est un sujet passionnant, qui est en train de bouleverser l’équilibre des forces internationales », analyse l’étudiant toulousain.

Mon sentiment principal face aux négociations de cette Cop, c’est la curiosité. J’ai l’impression d’être au cœur d’un moment charnière, entre un ancien monde qui est en train de mourir et un nouveau monde qui peine à naître. Pouvoir observer les détails des décisions qui façonneront ce nouveau monde, c’est fascinant.

Rémy Giacobbo, observateur de la COP 27

"Je crois à la COP par défaut"

« Il ne faut cependant pas oublier l’implication morale que cela représente », nuance l’étudiant. « Il y a un côté addictif aux négociations, à parler des challenges et des opportunités de la COP. Mais il faut garder les pieds sur terre et ne pas oublier qu’il y a des populations qui sont déjà en train de souffrir directement des conséquences du réchauffement climatique ».

Durant deux semaines, les réunions et les débats s’enchaînent pour décider de l’avenir de la planète, jusqu'à tard dans la nuit. Les négociations entre 197 pays avancent lentement, trop lentement ? « Personnellement, même si on peut regretter une certaine inertie, je crois à la COP par défaut, parce qu’il n’y a pas d’autre endroit où 197 pays se mettent autour de la table pour faire avancer les choses afin de limiter le réchauffement climatique », estime Rémy Giacobbo.

La COP doit se terminer le 18 novembre prochain, et les pays doivent encore trouver un accord sur de nombreux dossiers.

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