17 années de prison pour un cyber-pédophile multi-récidiviste qui piégait des adolescentes sur Snapchat

Un homme de 40 ans, vivant à Cugnaux près de Toulouse (Haute-Garonne), piégeait des adolescentes sur Snapchat et les incitait à avoir des relations sexuelles avec une amie ou un petit frère. L'avocat général a requis 20 ans de réclusion criminelle pour ce récidiviste. Il est condamné à 17 ans de prison jeudi 14 mars 2024.

Seize adolescentes ont été manipulées par un habitant de Cugnaux (Haute-Garonne) qui les incitait sur Snapchat à avoir des relations sexuelles avec une amie ou un petit frère. L'avocat général a requis 20 ans de réclusion contre ce multirécidiviste, jugé devant la cour criminelle de Haute-Garonne. Il est condamné jeudi 14 mars 2024 à 17 ans de réclusion criminelle, ssortie d'une peine de sûreté de 11 ans.

L'homme de 40 ans a déjà été condamné à six reprises, dont la dernière à sept ans de prison pour violence avec arme sur mineure, mentionne l'AFP. L'accusé a reconnu les faits. À l’aide d'un faux profil, il se faisait passer pour un jeune homme auprès de ses victimes, domiciliées dans toute la France.

"Son plaisir est surtout sadique"

Depuis son domicile à Cugnaux, il obtenait des adolescentes qu'elles se livrent devant l'écran à des caresses ou des actes sexuels impliquant par moments des amies ou leur petit frère, des garçons de 5 à 11 ans selon les cas.

"Son plaisir est surtout sadique (...), son graal c'est quand il amène ses victimes au plus profond de la perversion, il les manipule tellement, qu'il n'a pas besoin d'être présent", avait lancé l'avocat général Pierre Aurignac au cours de sa plaidoirie.

Face au quadragénaire, qui baissait la tête, assis sur le banc des accusés, l'avocat général a énuméré les condamnations, la première en 2011, les attouchements qu'il a commis sur sa demi-sœur et sa nièce.

De multiples condamnations sans effet

"Ni la peur du juge, ni des murs d'une prison ne l'arrêtent. C'est un prédateur, un danger public", avait-il poursuivi. Les 16 agressions pour lesquelles il a été jugé cette semaine ont été commises entre septembre 2020 et juin 2021, quelques mois seulement après sa sortie de prison, alors qu'il était sous le coup d'une interdiction d'entrer en contact avec des mineurs.

"Il est atteint d'un mal incurable, c'est un homme profondément pervers. Il n'a jamais tiré le moindre enseignement de ses condamnations judiciaires. Il a un bracelet électronique et continue d'agresser des enfants", s'est alarmé Clémence Doumenc, avocate de deux victimes originaires de Toulouse et Lyon.

Le mis en cause a émis des regrets. Son avocat de la défense, Brice Zanin, a estimé la peine requise disproportionnée. "On ne peut pas le condamner à une si lourde peine. Vingt ans de prison ans c'est pour un meurtre, un crime de sang, sinon la justice dit que tout se vaut". La décision de la cour criminelle de Haute-Garonne doit être rendue ce jeudi 14 mars.