Crise sanitaire et tourisme : le plan de relance pour Lourdes est sur les rails

Le plan "Avenir Lourdes" a été lancé vendredi 10 septembre par le comité stratégique d'orientation piloté par l'Etat et la région. Il a pour but de relancer le tourisme dans la cité mariale, lourdement impactée par la crise sanitaire.
A Lourdes, la crise sanitaire est venue aggraver encore une situation fragile.
A Lourdes, la crise sanitaire est venue aggraver encore une situation fragile. © Eric Coorevits/FTV

Le 15 août devait être un test : les pélerins allaient-ils faire leur retour en ce deuxième été sous Covid ? Les prévisions modestes se sont confirmées, seulement 30 % des visiteurs habituels sont venus. La saison estivale 2021 n'a pas été une réussite à Lourdes. 

1,5 millions de visiteurs en 2020

Certes, elle est tout de même meilleure qu'en 2020, et pour cause, l'été dernier, tout était fermé. Mais la destination n’a pas encore retrouvé son niveau de fréquentation d’avant-crise sanitaire :

"Au jour le jour"

Certains établissements n'ont pas rouvert leurs portes : à titre d'exemple, seuls 87 hôtels sur les 137 que compte la cité mariale étaient ouverts cet été. "On a vécu au jour le jour, à la petite semaine", admet Christian Gélis, président de l'UMIH (union des métiers de l'industrie hôtelière) 65. D'autant que la météo de juillet n'a pas été de la partie. Et que les mesures sanitaires n'ont rien arrangé. 

"Il y a eu beaucoup de flottement, beaucoup d'inquiétude", explique Nathalie Barzu, propriétaire d'un restaurant rue de la grotte. "La situation est devenue très compliquée : on doit demander le pass, certains ne l'ont pas donc on doit les refuser. Je vais parler pour moi mais moi, je refuse une dizaine de clients par jour", soupire-t-elle.

"Sortir de la stratégie dangereuse du mono-client, mono-produit, mono-prix"

Alors que le tourisme en Occitanie affiche un bilan positif cet été, Lourdes semble l'exception dans l'embellie. Il faut dire que l'épidémie de coronavirus, si elle a privé la cité mariale de ces groupes de pélerins, clientèle majoritaire, est venue aggraver une situation déjà fragile.

Lourdes le sait, elle doit d'urgence changer son modèle. "La crise du Covid a eu au moins cet avantage de poser un diagnostic", poursuit Christian Gélis. "Lourdes doit quitter sa stratégie mono-client, mono-prix, mono-produit et travailler ses effets de bords c'est-à-dire entrer en synergie avec l'environnement naturel formidable qui est le sien. On l'a trop longtemps ignoré, on s'est tous ignoré mutuellement en des temps de prospérité, il faut l'admettre. Maintenant, les temps sont plus durs mais ils vont aussi permettre de refonder un modèle plein de sens pour les décennies à venir, et ça, moi, j'y crois". 

D'autant que le succès estival des Pyrénées s'est encore confirmé cet été. Vallées et sommets ont connu une hausse de la fréquentation de bonne augure pour le massif qui souhaite développer son modèle de "quatre saisons". 

"Renouveler durablement le modèle touristique"

Alors Lourdes peut-elle bénéficier de cette embellie ? C'est ce que veut croire le comité stratégique d'orientation mis en place et piloté par l'Etat et la Région, lesquels ont officiellement lancé, vendredi 10 septembre, le plan "Avenir Lourdes".

Sa vocation ? "Faire émerger un projet de destination à long terme (horizon de 10 ans) permettant de consolider et renouveler durablement le modèle touristique, d’identifier les leviers de développement en termes de clientèle et de déployer des actions structurantes en matière de requalification urbaine, d’hébergement, de développement économique, de transports".

Concrètement, pour la Région Occitanie, le « Plan Lourdes » adopté lors de l’Assemblée plénière du 19 novembre 2020 prévoit une enveloppe globale de 20 millions d'euros pour soutenir la filière et le territoire. Qui s'ajoutent aux 40,2 millions d'euros débloqués par l'Etat depuis le début de la crise.

 

 

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