Les Pyrénées, zone de séismes, faut-il craindre un tremblement de terre dévastateur ?

À chaque tremblement de terre qui se produit dans les Pyrénées, la question revient et le doute s'installe. Ce 21 mai 2024, un séisme de magnitude 4,7 sur l'échelle de Richter a secoué les Hautes-Pyrénées, faisant craindre d'autres épisodes ou des répliques. On fait le point.

Mardi 21 mai 2024, un tremblement de terre s'est déclenché non loin de Tarbes (Hautes-Pyrénées) et de Pau (Pyrénées-Atlantiques). Un événement qui se produit assez fréquemment sur la chaîne des Pyrénées, bien que cette fois, l'intensité de la secousse, 4,7 sur l'échelle de Richter, soit assez notable pour la chaîne de montagne.

Dans le passé, plusieurs tremblements de terre ont atteint, voire dépassés, des niveaux de magnitude pouvant entraîner des dégâts matériels, des morts ou des blessés. Quelle est la situation ? Pourquoi, des séismes se produisent-ils plusieurs fois par an ? Risquent-ils d'être forts ?

Une activité sismique régulière

Les Pyrénées, cette chaîne de montagnes qui sépare la France et l'Espagne, sont le théâtre d'une activité sismique régulière. Bien que la plupart des tremblements de terre soient de faibles magnitudes et causent peu de dégâts, l'ensemble de la chaine est vulnérable à des séismes plus importants. La chaine n'est pas à l'abri d'un séisme plus important qui pourrait avoir des conséquences dévastatrices.

À cause de la convergence tectonique

La formation des Pyrénées il y a environ 30 millions d'années est le résultat de la convergence de deux plaques tectoniques : la plaque ibérique et la plaque eurasiatique. Cette collision continue d'enfoncer la plaque ibérique sous la plaque eurasiatique, créant une zone de subduction à l'origine des tremblements de terre. Conséquence, les séismes y sont fréquents, mais de faible magnitude.

Entre 300 et 400 séismes par an

La chaîne pyrénéenne est régulièrement soumise à des secousses sismiques. Le sol y tremble fréquemment, de 300 à 400 fois par an, même si la plupart sont de petites secousses, imperceptibles par la population. En effet, la majorité des séismes ne dépasse pas 3 de magnitude, indique le centre pyrénéen des risques majeurs.

On enregistre entre 300 et 400 séismes par an dans les Pyrénées. La plupart d'entre eux sont de faible magnitude, inférieure à 3 sur l'échelle de Richter, et ne sont pas ressentis par la population.

 Cependant, des séismes plus importants, d'une magnitude supérieure à 4, peuvent se produire.


Le dernier séisme majeur à avoir frappé les Pyrénées remonte à 1920. D'une magnitude 6,6, il a causé d'importants dégâts dans la ville de Saint-Girons, en Ariège, et a fait plusieurs victimes. Cette séquence sismique a été marquée par une série de secousses destructrices.

D'autres événements sismiques majeurs se sont produits par la suite

  • En 1967 à Arette dans les Pyrénées-Atlantiques. Le 13 août, la vallée du Barétous et ses environs sont secoués par un fort séisme, le dernier ayant causé un décès en France métropolitaine. Le village d'Arette est détruit à 80%, les villages voisins sont également très touchés. La secousse est ressentie jusqu'à Bordeaux et Barcelone, et enregistrée dans la plupart des stations sismologiques du monde.

  • 1967 à Saint-Girons en Ariège : un séisme de magnitude 5,3 a frappé le Couserans. Il a causé des dommages significatifs aux structures et a été fortement ressenti dans les environs.
  • 1947 à Bagnères-de-Bigorre dans les Hautes-Pyrénées. Ce tremblement de terre de magnitude 5 a touché la bourgade, provoquant des dégâts matériels notables et soulignant la vulnérabilité de la région.
  • 2006 dans la vallée de la Barousse : un séisme de magnitude 4,8. Bien que de magnitude modérée, il a été largement ressenti dans le sud-ouest de la France.
  • 1980 à Arudy dans les Pyrénées-Atlantiques, la secousse a causé des dégâts aux bâtiments et des perturbations dans la région.
  • 2013 en Ariège, touchée par un séisme de magnitude 4,5. Les dommages matériels ont été légers

Des zones des Pyrénées plus à risque que d'autres ?

Certaines zones sont plus susceptibles d'être touchées par des séismes en raison de leur position géologique et des mouvements tectoniques sous-jacents. Ce sont les Pyrénées centrales, incluant des villes comme Bagnères-de-Bigorre et Argelès-Gazost, où le risque sismique est le plus élevé. Les séismes y sont fréquents en raison de la forte activité tectonique liée à la collision entre la plaque ibérique et la plaque eurasienne.
La vallée de la Barousse a été le site de plusieurs séismes importants, notamment celui de 2006 (magnitude 4,8). Sa position géologique la rend sujette aux mouvements tectoniques.

L’Ariège n'échappe pas aux secousses, comme les Pyrénées occidentales. La proximité de cette zone avec des failles tectoniques actives contribue à sa sismicité.

Surveillance H24 et habitants avertis

Ces zones sont surveillées en permanence par des réseaux de sismographes pour détecter les activités sismiques. 
Le risque sismique est amplifié dans certaines zones des Pyrénées en raison de la nature des constructions. De nombreux villages et villes sont construits en pierres sèches, un matériau vulnérable aux secousses telluriques. Entraînant un risque pour la santé des habitants, nombreux à vivre dans les maisons traditionnelles en pierres.
Ce qui n'est pas le cas des nouvelles constructions doivent répondre à des normes antisismiques.

L'activité sismique dans les Pyrénées est sous surveillance continue. À ce stade de la recherche scientifique, les sismologues ne sont pas encore en capacité d'anticiper, où, quand et avec quelle intensité un tremblement de terre peut se produire. 

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