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“Plus un seul SDF ne doit dormir dehors à Tarbes” : l'appel de militants politiques et associatifs

Elus, militants politiques et associatifs accompagnés de personnes sans domicile fixe ont investi lundi matin à Tarbes une ancienne clinique transformée en centre d’hébergement pour des Sans Domicile Fixe. / © Régis Cothias/France 3 Occitanie
Elus, militants politiques et associatifs accompagnés de personnes sans domicile fixe ont investi lundi matin à Tarbes une ancienne clinique transformée en centre d’hébergement pour des Sans Domicile Fixe. / © Régis Cothias/France 3 Occitanie

"Plus un seul SDF ne doit dormir dehors à Tarbes cet hiver 2018" : c'est l'appel lancé ce lundi par des militants politiques, associatif et des élus, qui, accompagnés de SDF, ont investi à Tarbes une ancienne clinique transformée en centre d’hébergement pour des Sans Domicile Fixe.

Par RC et VA

Des militants communistes, associatifs et des personnes sans domicile fixe ont investi lundi matin à Tarbes une ancienne clinique transformée en centre d’hébergement pour des Sans Domicile Fixe.

Selon les manifestants, faute de financement, cette structure n’avait pas ouvert cet hiver entraînant un manque de lits pour des personnes en grande précarité dans la préfecture des Hautes-Pyrénées.

Après discussion avec des élus, en particulier l’euro-député communiste Marie Pierre Vieu, ce centre devrait finalement accueillir 6 personnes sans domicile fixe, pour faire face à l’urgence alors que les premières rigueurs de l’hiver se font déjà sentir.

Au-delà de cette action, les manifestants souhaitent des solutions durables et un encadrement social pour aider ces personnes démunies.

Un rassemblement est organisé lundi à 18 h devant la préfecture des Hautes-Pyrénées.






 

"Plus un seul SDF ne doit dormir dehors à Tarbescet hiver 2018" : le texte de l'appel

"Ce 1er novembre a été déclenché le plan hiver. « Cinq millions d'euros sont débloqués », annonce le gouvernement.

A Tarbes ces derniers jours ont été particulièrement durs pour ces hommes et femmes de la rue: Entre le déclenchement du dispositif et la baisse rapide des températures, beaucoup se sont retrouvés rattrapés par le froid et en situation de grande détresse physique et psychologique. Ils nous ont alertés !

Après intervention et information auprès du 115 et des services de l’Etat, nous avons appris que des places supplémentaires vont bien être ouvertes: 10 places à la croix rouge et au moins 13 autres, adaptées aux personnes ayant des chiens. Il existe aussi des places en Centres d'Hébergement et de Réinsertion Sociale (CHRS)

Mais ce dispositif reste précaire parce que privé de moyens conséquents en locaux adaptés, et en personnels pour répondre aux besoins des SDF. N’est pas non plus prise en compte l’accès à un logement permanent. Aujourd'hui, seulement 7% des sans-abri qui sont hébergés l'hiver nationalement ont pu obtenir une place en logement très social. 

Dans notre département les SDF pointent les limites de l’offre sociale et sanitaire qui leur est proposée. 

Ainsi par exemple son caractère contraignant dans les horaires puisqu’on leur demande de respecter des heures précises et quand ils arrivent en retard, ils se retrouvent bloqués à l’entrée et finissent la nuit dehors.  De plus les chiens excluant tout accès aux transports collectifs ils sont également confrontés à des problèmes de mobilité: Comment atteindre Don Bosco à Odos un 1 jour férié ou un dimanche quand on est dans un état de carence alimentaire et souvent d’addictions? 

Enfin, qui dit places d’urgence signifie quitter les lieux le lendemain matin à 8h, être livré à soi même toute la journée et devoir refaire quotidiennement une nouvelle demande de place. 

Etre en situation d’errance revient à être amputé de la quasi totalité de sa citoyenneté. A tel point d’ailleurs qu’une partie d’entre eux préfère rester dehors et préserver leur liberté et dignité. Mais cela signifie y laisser sa santé.

Il existe cependant d'autres possibilités comme les places d’Allocation de Logement Temporaire. Il s'agit d'hébergements en appartements, parfois en cohabitation où la durée de séjour est un contrat de 6 mois qui peut être renouvelé et l’activité n’est pas réglementée. On en devient locataire bénéficiant en même temps d’un accompagnement social. Le double avantage de cette solution est d’être protectrice sans être intrusive, permettant à cette population fragilisée de préserver l’autonomie à laquelle elle a droit.

A Tarbes faute de financement l’an passé, 40 places de ALT ont été fermées; 20 dans le quartier des Haras et 20 au quartier Massey. Cela correspond à un choix de plus de l’Etat de réduire les dépenses publiques. Sauf que l’austérité peut conduire ici à la mort d’hommes et de femmes!

Depuis quelques semaines les SDF de Tarbes ont tiré la sonnette d’alarme sur leur situation et ont décidé d’agir. Ils ont rédigé une pétition déjà signée par quelques centaines de personnes. Ils y demandent d’être considérés comme des interlocuteurs à part entière et que soit engagée avec les pouvoirs publics une concertation pour répondre à leurs attentes en matière d’accueil et de suivi.
Ils revendiquent l’égalité de droits et de traitement. Soutenons les!

Dès lundi 5 novembre au matin ils seront mobilisés et auront besoin de notre engament à tous.

Ce même lundi 5 novembre à 18h devant la préfecture des Hautes Pyrénées aura lieu un rassemblement de soutien à leur mouvement où nous vous appelons nombreux à venir.

Plus un seul SDF ne doit dormir dehors à Tarbes. Ensemble agissons !"

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