Affaire Gilles d'Ettore : le jugement mis en délibéré, le maire d'Agde qui demandait sa remise en liberté reste en détention provisoire

Toujours en détention provisoire, l'édile était attendu au tribunal, ce mardi 2 avril. Il s'est finalement vu signifier que le jugement était mis en délibéré. En attendant la décision de la cour d'appel, il reste en détention provisoire.

Une treizième nuit en prison se profile pour Gilles d'Ettore. Placé en détention provisoire depuis le 21 mars dernier, après deux jours en garde à vue, le maire d'Agde (Hérault) espérait pouvoir être remis en liberté, ce mardi 2 avril.

Pour son avocat, Me Darrigade, le seul argument du principe de liberté pouvait suffire à la libération de son client. "La détention provisoire doit demeurer l'exception, a-t-il exprimé avant l'audience. En l'occurrence, elle doit être d'autant plus exceptionnelle qu'il s'agit d'un homme qui n'a jamais été condamné, qui a 56 ans, qui a des enfants, des garanties de représentation, élu de deux collectivités territoriales depuis de nombreuses années. En conséquence, s'il y a quelqu'un à qui on peut faire confiance, il s'agit bien de cette personne-là".

À la demande de l'avocat général, l'audience s'est déroulée à huis clos, afin de préserver le secret de l'instruction. Le juge a fait le choix d'une mise en délibéré. La décision est attendue ce vendredi 5 avril.

L'enquête évolue

Dimanche 31 mars, trois nouvelles personnes ont été placées en garde à vue. Deux cadres de la société Eiffage et un chef d'entreprise de l'Aude, sont soupçonnés d'avoir participé au financement illégal de travaux chez la "voyante" mise en examen pour escroquerie.

Élu depuis 2001 à la tête de la cité agathoise, Gilles d'Ettore est mis en examen pour prise illégale d'intérêts, détournement de fonds publics par une personne dépositaire de l'autorité publique et corruption. En garde à vue, il a expliqué avoir obéi à une "voix surnaturelle". Une voix qui n'était autre que celle de sa voyante, elle aussi toujours en détention provisoire, et qui lui aurait ordonné de faire des opérations financières à son avantage ou de profiter de son statut de maire pour embaucher son époux à la mairie. 

Avec Émilien David et Enrique Garibaldi.