Déconfinement en Occitanie : la vie reprend dans les Ehpad, un "soulagement" pour les directeurs d'établissements

Le déconfinement s'accélère dans les Ehpad de la région Occitanie. Une nouvelle phase a été enclenchée cette semaine afin de permettre aux résidents de retrouver une "vie normale". Au programme notamment : des visites désormais libres. 
Carole et Sabine retrouvent leur maman, Simone, après trois mois de séparation.
Carole et Sabine retrouvent leur maman, Simone, après trois mois de séparation. © O. Boisson / FTV

Le 14 juin dernier, Emmanuel Macron annonce "un retour rapide à la vie normale" dans les Ehpad lors de son allocution. Une annonce qui a immédiatement conduit à l'accélération du plan de déconfinement dans ces établissements soumis à des règles sanitaires très strictes jusqu'à présent. 

 

Pendant trois mois, les personnes âgées ont été très isolées. On les maintenait sous bulle pour éviter tout risque de contamination.

Patrice Lemoine – Directeur d'un Ehpad à la Grande-Motte

 

Règles assouplies

 

Visites interdites, repas en chambre, sorties limitées, etc... Pour les résidents des Ehpad, le confinement a été très strict. Mais désormais avec les nouvelles règles assouplies, ces personnes âgées vont pouvoir retrouver un semblant de vie normale. "Aujourd’hui, on a accéléré le déconfinement avec l’assouplissement des règles. On autorise la reprise des visites presque comme avant, mais on maintient les gestes barrières (masques, inscription des visites sur un registre... )". 

Dans tous les Ehpad de la région Occitanie, le déconfinement est en route. Un déconfinement jugé plus que "nécessaire pour les directeurs d'établissement", qui ont constaté un grand manque chez leurs résidents pendant ces trois mois d'isolement. 

D'ici le 10 juillet, date de la fin de l'état d'urgence sanitaire, tous les établissements pourront retrouver un fonctionnement normal.

 

 

Ce retour se fait de manière progressive, en collaboration avec l'ARS qui explique dans un communiqué : "ces plans devront être adaptés à la situation de chaque établissement et devront permettre d’assurer encore un assouplissement des visites, tout en précisant que ces évolutions s’accompagneront d’une vigilance continue. Il est indiqué que plusieurs mesures de protection devront continuer à s’appliquer, comme le respect strict des gestes barrières et d’hygiène, et en particulier le port obligatoire du masque chirurgical par les personnes extérieures à l’établissement".

Le plan de déconfinement prévoit notamment : 

 

Vie sociale retrouvée

 

Dans cet établissement de la Grande-Motte, les visites et les sorties ont pu reprendre ainsi que les repas dans le restaurant de l'établissement. 

 

Lors du confinement quasiment toutes les prises de repas étaient en chambre. Mais là aujourd’hui on rouvre le restaurant. C’est également quelque chose qui était très attendu par les résidents qui peuvent retrouver une vie sociale et pour certains également l’appétit parce que seul en chambre, parfois certains picoraient.

Patrice Lemoine - Directeur d'un Ehpad à la Grande-Motte

 

 

Crainte d'une seconde vague 

 

Malgré tout, c'est avec une "épée de Damoclès", que ce directeur d'établissement voit ce déconfinement, avec toujours cette crainte, d'une seconde vague. Il nous confie, "la crainte que l’on a, c’est que dans un mois ou deux, on ait une seconde vague, s'il y a un moment d’assouplissement maximal, c’est maintenant, mais on a toujours cette crainte que demain ce ne sera pas la même chose". 

Dans cet établissement, aucun cas n'a été recensé jusqu'à présent, ce qui n'est pas le cas de tous les Ehpad de la région. A Montpellier, Fadila Assouak est également directrice de deux Ehpad, dans l'un de ses établissements, 5 résidents et 13 membres du personnel ont été contaminés. Deux personnes âgées sont décédées.

Pour cette directrice, le déconfinement est certes nécessaire, mais à effectuer avec prudence : 

 

Les résidents sont contents, mais ils trichent un peu parfois, en ne mettant pas de masque notamment. Ils oublient vite qu’on les a protégé jusqu’à présent, c’est vraiment difficile à gérer.

Fadila Assouak, directrice de deux Ehpad à Montpellier et à Cournonsec

 

Là aussi, la crainte d'un regain de contaminations est présente, "on se prépare à la seconde vague, on a mis des choses de côté en cas d’urgence, car le virus circule toujours, on n’est pas à l’abri.  On appréhende beaucoup le retour en septembre", précise Fadila Assouak. 

D'ici septembre, ce sont les fortes chaleurs que vont surveiller ces professionnels afin de permettre aux personnes âgées de vivre au mieux leur déconfinement tardif. 

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