"J’aurais perdu ma dignité pour 1500 euros ?", épinglée par Mediapart pour ses "notes de frais en famille", la députée de l'Hérault Patricia Mirallès contre-attaque

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Écrit par Yann Gonon, avec Emmanuel Deshayes

La députée LREM de l'Hérault Patricia Mirallès dénonce une "chasse aux sorcières" après la publication d'un article de Mediapart pointant l'utilisation de ses frais de mandat pour des dépenses personnelles. Pas de quoi décourager la députée sortante qui affirme être prête à se lancer dans la campagne des législatives.

La réaction de Patricia Mirallès n'a pas tardé. Quelques minutes après la publication d'un article de Mediapart (article payant) la mettant en cause pour l'utilisation de ses frais de mandat, la députée LREM sortante de la première circonscription de l'Hérault a publié un long communiqué. Contrairement à Coralie Dubost qui n'avait pas réagi après la révélation de ses "notes de frais mirobolantes" et qui avait fini par annoncer son retrait de la vie politique, Patricia Mirallès se défend bec et ongles. Elle a également longuement répondu à France 3 Occitanie.

"C’est une chasse aux sorcières je le répète", assène d'emblée la députée LREM qui rappelle avoir fait voter une loi sur la moralisation de la vie politique. "J’ai été moquée pour la fameuse suppression des tickets de caisse dans les supermarchés mais je m’applique ça tous les jours. Je suis née dans un quartier populaire, je sais d’où je viens, je n’ai pas le bac et j’ai travaillé toute ma vie. Je suis extrêmement rigoureuse avec l’argent public. Mais même quand on est rigoureux, on vient vous chercher des poux dans la tête". 

Dans un article publié ce jeudi 5 mai, Mediapart pointe plusieurs notes de frais qui correspondraient à des "dépenses personnelles". Parmi celles-ci, deux notes d'hôtel et une facture informatique de 1198,80 euros "pour sa fille, alors étudiante, qui souhaitait absolument récupérer les données de son disque dur tombé en panne", écrit MediapartDes dépenses, qui, rappelle le journal en ligne, "n’entrent pas dans le champ des dépenses théoriquement prises en charge par l’AFM [NDLR : les avances des frais de mandat dont bénéficient les parlementaires]".

"Je vais bientôt rendre des dizaines de milliers d’euros sur mes enveloppes parlementaires que je n’ai pas dépensés, et j’aurais perdu ma dignité pour 1500 euros ? J’ai tous les justificatifs et je peux les montrer."

Patricia Mirallès, députée LREM de l'Hérault

Sur l'origine des fuites, Patricia Mirallès semble avoir sa petite idée. "Les documents qui ont été transmis à Mediapart ont été volés sur ma boîte mail de l’Assemblée nationale. J’ai gardé la même équipe depuis 2017. Mais j’ai effectivement un collaborateur dont j’ai dû me séparer. Il avait accès à ma messagerie et j’en déduis que c’est lui qui me les a volés" indique la députée à France 3. 

Patricia Mirallès affirme être en colère également contre "la méthode" employée par Mediapart.

"Je ne suis pas devant un tribunal. Je n’ai pas à communiquer mes relevés de compte bancaire aux journalistes de Mediapart. J’ai essayé de leur expliquer mais ils n’ont pas écouté. Je n’admets surtout pas qu’on jette l’opprobre sur ma famille et sur le travail effectué avec toute mon équipe depuis 5 ans !"

Patricia Mirallès, député LREM de l'Hérault

Pour elle, faire le parallèle avec Coralie Dubost, la députée épinglée par Mediapart dans un précédent article, c'est "délibérément chercher à mettre en difficulté les députés de la majorité et soutenir La France Insoumise".

Malgré la polémique, Patricia Mirallès, députée sortante dans la première circonscription de l'Hérault, affiche son intention de se lancer dans la bataille des législatives.

"J’irai combattre sur le terrain, convaincre toutes les personnes les unes après les autres. C’est aux électeurs que je montrerai mon honnêteté, que je prouverai ma bonne foi et que je présenterai tous les documents s’ils le demandent".

Patricia Mirallès, députée LREM de l'Hérault