Un collectif de Montpellier réclame une journée pour les victimes de la route

Montpellier - action symbolique du collectif national "Justice pour les victimes de la route", une table de 28 mètres de long avec 94 invités, tous morts sur les routes de l'Hérault - 16 mai 2016. / © F3 LR V.Luxey
Montpellier - action symbolique du collectif national "Justice pour les victimes de la route", une table de 28 mètres de long avec 94 invités, tous morts sur les routes de l'Hérault - 16 mai 2016. / © F3 LR V.Luxey

En 2015, il y a eu 94 tués sur les routes de l'Hérault. A Montpellier, une association composée d'un collectif de familles de victimes de la route a mené une action symbolique ce lundi. Une longue table pour 94 convives était dressée, mais ils ne viendront pas, ils sont tous morts... sur la route.

Par Fabrice Dubault


Le collectif national "Justice pour les victimes de la route", créé en 2009, et dont le siège est à Puimisson dans l'Hérault, organisait, ce lundi, une action de sensibilisation sur l'Esplanade Charles de Gaulle à Montpellier.

Ils ont dressé une table noire de 28 mètres de long, comme une route, avec 94 chaises vides symbolisant les 94 tués sur les routes de l'Hérault en 2015. Au centre, une longue, très longue ligne blanche continue composée des prénoms et âges des 94 morts.
Jusqu'ici, l'hommage aux victimes de la route se fait en février, à l'occasion de la journée européenne d'hommage aux victimes, toutes les victimes... viol, génocide, attentat, tremblement de terre etc...

Montpellier - action symbolique du collectif national "Justice pour les victimes de la route", une table de 28 mètres de long avec 94 invités, tous morts sur les routes de l'Hérault - 16 mai 2016. / © F3 LR V.Luxey
Montpellier - action symbolique du collectif national "Justice pour les victimes de la route", une table de 28 mètres de long avec 94 invités, tous morts sur les routes de l'Hérault - 16 mai 2016. / © F3 LR V.Luxey

Le collectif réclame une journée nationale spécifique tous les 16 mai. Ils veulent aussi criminaliser les délits routiers commis avec circonstances aggravantes. Ils font une différence entre les accidents "imprévisibles", malaise au volant, intempéries, problème mécanique et ceux dûs à des conduites à risques, alcool, drogue, vitesse excessive, conduite dangereuse...

Aujourd'hui, il n'existe pas de qualification d'homicide volontaire pour ces actes et c'est très compliqué à changer dans le code pénal, selon Anne-Yvonne Le Dain, députée PS de la 2ème circonscription de l'Hérault, qui défend toutefois un certain nombre d'évolutions juridiques possibles. Elle déposera 12 amendements en ce sens la semaine prochaine à l'Assemblée, mais elle ne peut dire s'il y aura une majorité pour les voter et si le gouvernement suivra.
L'élue se dit persuadée que la société évolue dans ce sens et que le pouvoir législatif doit en prendre acte. Elle a longuement discuté avec le collectif, ce lundi, à Montpellier.

Plus d'infos sur le facebook du collectif.

Montpellier : action symbolique du collectif "justice pour les victimes de la route"
Reportage F3 LR : V.LUxey et F.Jobard - F3 LR

Steve, Alicia ou encore Anthony : la table est dressée. Mais les convives ne viendront pas. Ils sont 94, tous tués sur les routes de l'Hérault, l'an dernier, comme des milliers d'autres en France. Pour que l'on se souvienne d'eux, le collectif "Justice pour les victimes de la route" réclame une journée nationale, tous les 16 mai.

La famille de Charlotte Landais, étudiante montpelliéraine et piétonne, renversée et tuée par un chauffard, souhaitait un procès aux Assises, sur la base d'une accusation d'homicide volontaire. La loi ne le permet pas, pour l'instant. Mais des aménagements sont possibles et des députés y travaillent.

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