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Demande de révision de deux Lunellois pour meurtre : audience cruciale le 17 avril à Paris

La Cour de révision examinera le 17 avril la demande de deux hommes, Abdelkader Azzimani et Abderrahim el-Jabri, d'annuler leur condamnation à 20 ans de réclusion criminelle pour une affaire de meurtre dans laquelle ils clament leur innocence, a-t-on appris mardi de source judiciaire.

Il reviendra à la Cour de dire si elle annule ou non leurs condamnations prononcées en 2003 et ordonne un nouveau procès. Cette procédure extrêmement rare n'a abouti qu'à huit acquittements depuis 1945.
La commission de révision des condamnations pénales avait saisi la Cour de révision le 2 juillet dernier.

Abdelkader Azzimani et Abderrahim el-Jabri, 47 et 46 ans, en liberté conditionnelle depuis 2009 pour l'un, 2011 pour le second, ont été condamnés à vingt ans de réclusion pour le meurtre en 1997 à Lunel dans l'Hérault  d'Abdelaziz Jhilal, 22 ans, petit dealer de cannabis, lardé de 108 coups de couteau.



L'affaire a rebondi en 2011 avec l'arrestation et la mise en examen pour assassinat d'un manutentionnaire de 30 ans et d'un directeur de centre de loisirs de 33 ans, qui ont disculpé les deux condamnés.
Au départ de l'enquête, tout accusait Azzimani et el-Jabri, qui avaient été identifiés par un témoin comme les auteurs du crime. Eux-mêmes avaient reconnu avoir été parmi les derniers à rencontrer la victime à qui ils avaient livré cinq kilos de cannabis.
Après avoir écopé de six ans de prison pour trafic de stupéfiants, ils avaient été jugés et condamnés pour le meurtre à vingt ans de réclusion en 2003. Cette peine avait été confirmée en 2004 en appel, malgré une étrange requalification du chef d'accusation en "complicité" d'homicide.

Une série de "miracles", selon leurs avocats, ont ensuite permis aux deux hommes, qui ont toujours clamé leur innocence, de faire entendre leur voix: le revirement de l'extravagant témoin à charge, qui a poussé la justice à rouvrir le dossier en 2009, puis le versement tardif de traces d'ADN figurant dans les scellés au fichier des empreintes génétiques qui a permis de confondre les nouveaux suspects.
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