La grande marche des chercheurs démarre à Montpellier

Initiée à Montpellier, la marche des chercheurs fait tâche d'huile. / © F3LR
Initiée à Montpellier, la marche des chercheurs fait tâche d'huile. / © F3LR

Mobilisés pour défendre l'emploi scientifique, 200 chercheurs du collectif montpelliérain "Sciences en marche" partent ce dimanche vers Paris. Une grande marche qui doit converger de toute la France à l'occasion de la Fête de la science.

Par Sylvie Bonnet

 
A pied et à vélo. L'initiative à été lancée par le collectif montpelliérain "Sciences en marche" mais elle s'est rapidement répandue dans toute la France. Ce dimanche matin,  Quelques 200 chercheurs investis dans le mouvement partent à pied de Montpellier. Ils seront ce soir à Nîmes et le 19 octobre à Paris après une vingtaine d'étapes. Le mouvement part également de Marseille, de Toulouse, Bordeaux ou Rouen.  Les chercheurs convergeront vers l'Assemblée nationale et l'Elysée le 19 octobre à l'occasion de la Fête de la science.
200 chercheurs au départ de Montpellier.
Le départ de la marche à Montpellier en images.


Des scientifiques pas "à la fête"

Les chercheurs ont décidé de marcher sur Paris pour dénoncer les réductions de budget que subissent la recherche et l’enseignement supérieur depuis plusieurs années, la multiplication des emplois précaires et l’absence d’avenir pour les nouveaux docteurs.

L’idée a été lancée par Patrick Lemaire, ce chercheur de l’Institut de génétique moléculaire de Montpellier (IGMM), lors de l’assemblée générale qui s’est tenue le 3 juin. Quels jours plus tard, la réunion du Comité national de la recherche scientifique à Paris, faisait un triste bilan de la situation : « Les décisions concernant l’emploi scientifique, tant public que privé, entravent notre capacité de recherche et affaiblissent nos universités. En généralisant la précarité, elles génèrent un véritable gâchis humain et aggravent les inégalités, entre les hommes et les femmes en particulier ».
Marcher pour la recherche.
Patrick Lemaire, président de "Sciences en marche" rappelle à Nicolas Mutel l'objectif de la marche.


Las de cette situation, les chercheurs ont donc décidé de se rebeller, mais en gagnant l’approbation du public avec une grande marche sur Paris.

« On ne veut pas faire une grève ou une manifestation de plus, ce n’est pas un mouvement catégoriel parmi d’autres, même si nous avons des revendications, explique Solange Desagher, chercheur à l’IGMM de Montpellier et membre du nouveau collectif « Sciences en marche ». Nous voulons aller au contact du public pour expliquer à quel point l’enseignement supérieur et la recherche sont importants pour la société, d’un point de vue économique, mais également sociétal, et les difficultés que nous rencontrons ».


Parmi toutes les revendications exprimées par les chercheurs, techniciens, post-doc et administratifs, le collectif en a retenu trois qui font consensus :      

  • mettre en œuvre un plan pluriannuel ambitieux pour l’emploi statutaire à tous les niveaux 
  • renforcer les crédits de base des laboratoires et des universités
  • reconnaître le doctorat dans les conventions collectives afin de faciliter l’emploi des docteurs et la diffusion de la culture scientifique, dans les entreprises et la haute fonction publique.

« Un autre objectif de cette action est de ressouder la communauté scientifique, de rassembler toutes les disciplines, des sciences dures aux sciences humaines et sociales, tous les niveaux et les postes précaires pour soutenir notre domaine et l’avenir de notre pays », complète Stephan Mora, également chercheur à l’IGMM de Montpellier.


 Les Précaires de la recherche soutiennent activement le mouvement qui commence à faire tâche d’huile. « L’idée est de faire un trajet à vélo qui partirait des principaux centres de recherche de France et de converger vers Paris. On propose aux gens de faire une ou deux étapes et nous organiserons des conférences grand public, des animations et des rencontres avec la presse à chaque halte »

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