Opération escargot des taxiteurs du Languedoc-Roussillon jeudi à Montpellier

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Les chauffeurs et patrons taxis veulent protester contre la loi autorisant les Agences de santé à passer des appels d'offres pour la prise en charge conventionnée de patients. Ce qui mettrait leurs entreprises en difficulté.


4 fédérations de taxis appellent à manifester jeudi dans toute la France pour protester contre les changements prévus par les pouvoirs publics pour le transport des malades.

Une manifestation régionale pour le Languedoc-Roussillon est organisée, jeudi, à Montpellier. Attention aux embouteillages, au moins de 8h à midi voire 17h selon les organisateurs.

INFOS-PRATIQUES SUR LE TRAJET DU CORTEGE

Le rassemblement des taxis se fera au Zénith de Montpellier.
Départ du cortège vers 8h en direction de la préfecture en centre ville, où une motion sera déposée à l'attention du gouvernement.
En chemin, le cortège passera par l'ARS, l'Agence de santé du Languedoc-Roussillon basée dans le quartier du Millénaire puis ira vers la CPAM 34 de Gambetta.

Les embouteillages et perturbations doivent débuter à 8h et se poursuivre jusqu'à midi, voire 17h selon certaines sources.



L'intersyndicale FTI 75 - CFDT - CFTC- FO -Gescop -UDTP, à laquelle se sont associées les fédérations FNTI, FNAT, FFTP et FNDT, appelle les 55.000 taxis de France à des rassemblements sur l'ensemble du territoire, notamment en région parisienne, Marseille, Nantes, Dijon, Lyon, Bordeaux, Toulouse ou encore Montpellier.
"Véhicules de tourisme avec chauffeurs (VTC, aujourd'hui environ 10.000) et motos représentent une concurrence déloyale qui est presque autorisée par les pouvoirs publics puisque personne ne respecte aucune règle", estime Ahmed Sembel, vice-président de la FNTI.
"On exige une réforme de la loi qui encadre ces activités et un moratoire sur les sociétés qui ont déjà l'autorisation d'exercer", plus de 500, selon lui.
"Nous sommes réglementés, on ne peut pas faire ce que l'on veut au niveau des tarifs, on a des compteurs contrôlés tous les ans. Les autres n'ont pas les contraintes du taxi mais font le même travail sans investir un rond", hormis le véhicule et la licence à 100 euros, renchérit Nordine Dahmane (fédération FO).
Les fédérations redoutent aussi les conséquences d'une disposition sur le transport de malades introduite dans la loi de financement de la sécurité sociale 2013 à des fins d'économies.

Les taxis indépendants n'auront pas les moyens de répondre aux appels d'offre voulus par les pouvoirs publics et de "faire face aux grosses sociétés telles que Veolia", explique M. Sembel. Or le transport des patients peut représenter jusqu'à 90% du chiffre d'affaires des taxis en zone rurale, selon la profession.
Les dépenses de transport prises en charge par l'assurance maladie représentaient en 2010 3,5 milliards d'euros (2,1% des dépenses de l'assurance maladie) pour plus de 5 millions de bénéficiaires, selon le rapport de la Cour des comptes de 2012.
Ces dépenses pour l'assurance maladie ont augmenté de 63% entre 2001 et 2010, selon cette source.
Jusqu'alors, les patients avaient le choix notamment entre l'ambulance (37% des transports de patients), le taxi conventionné par l'assurance maladie (34.382 véhicules, 31%) ou encore le véhicule sanitaire (23%).

La Cour des comptes estimait dans son rapport annuel sur la sécurité sociale que l'offre de transports est "très mal maîtrisée et mal organisée".

Jeudi après-midi, une délégation doit être reçue notamment par des représentants des ministères de l'Intérieur et de la Santé, selon des sources syndicales.