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Les mères du Petit-Bard de Montpellier citées en exemple

Lors d'un forum sur les expériences de mixité à l'école, organisé par le Conseil national d'évaluation du système scolaire, les mères, d'origine marocaine, du Petit Bard à Montpellier, ont été citées en exemple. Elles se sont mobilisées pour que leurs écoles accueillent aussi "des Blancs".
ARCHIVES. Près de deux cent mères d'élèves du Petit Bard, ont manifesté dans les rues de la vielle ville de Montpellier en se rendant au rectorat réclamer plus de mixité sociale pour leurs enfants.
ARCHIVES. Près de deux cent mères d'élèves du Petit Bard, ont manifesté dans les rues de la vielle ville de Montpellier en se rendant au rectorat réclamer plus de mixité sociale pour leurs enfants. © F3LR/E.Jubineau
Pour favoriser la mixité sociale au sein des écoles, plusieurs pays ont pris une série d'initiatives. Les outils diffèrent, en Amérique, en Scandinavie, aux Pays-Bas ou en France, mais les chercheurs soulignent une constante: pour que ça fonctionne, il faut impliquer tous les parents.

"Il n'y a pas de solution miracle", déclare le Français Michel Lussault, directeur de l'Institut français de l'éducation. Mais on doit selon lui "reconnaître" les acteurs du terrain, des enseignants aux parents, en passant par les pouvoirs locaux: une démarche "compliquée" en France en raison de sa centralisation administrative.

Lors d'un forum consacré aux expériences de mixité à l'école, à l'étranger et en France, organisé en fin de semaine par le Cnesco (Conseil national d'évaluation du système scolaire), il a cité l'exemple de ces mères, d'origine marocaine, du Petit Bard, quartier populaire de Montpellier, mobilisées depuis des semaines pour que leurs écoles accueillent aussi "des Blancs", selon les mots d'une élève recueillis en mai.

"Nous voulons que nos enfants soient dans la République (...). En l'état, nos enfants ne sont Français que sur le papier, pas dans les faits", déclarait Fouzia Oumoussa, parent d'élève.

En périphérie de Nîmes, le quartier du Mas de Mingue, où réside une population d'origine maghrébine, 75% des élèves d'une école élémentaire sont issus de familles
très défavorisées et plus de la moitié ont eu des résultats inférieurs à la moyenne nationale lors des évaluations de 2009 à 2012. Cette école, vétuste, va être détruite. A la demande de la ville, des universitaires ont réfléchi pour que le nouvel établissement participe à la reconstruction sociale du quartier. Les parents ont été mobilisés, selon le principe de "l'empowerment" (donner plus de pouvoir aux individus pour agir sur une situation qu'ils subissent).

Beaucoup, y compris "parmi les plus démunis, sont très impliqués", confie Geneviève Zoïa, de l'université de Montpellier. "Construire une nouvelle école, ça les embarque", même s'il faut maintenir l'intérêt car l'ouverture n'est prévue que pour la rentrée... 2019. "Il faut que cette école vive avant qu'elle n'existe", résume-t-elle.


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