18 mois de prison avec sursis requis contre l’ex-doyen de la faculté de droit de Montpellier

Au deuxième jour du procès du commando de la faculté de droit de Montpellier, six des sept prévenus reconnaissent leur implication. Le chef du commando ainsi que Jean-Luc Coronel risquent de la prison ferme.

Philippe Pétel avoue avoir ouvert l'accès au commando par "épuisement et désespoir".
Philippe Pétel avoue avoir ouvert l'accès au commando par "épuisement et désespoir". © PHOTOPQRLE MIDI LIBREMAXPPP

Les réquisitions du procureur de la république sont tombées en fin de matinée, lors de ce deuxième et dernier jour du procès du commando de la faculté de droit de Montpellier. Le jugement sera rendu le 2 juillet. 

18 mois avec sursis requis contre Philippe Pétel

18 mois de prison avec sursis sont requis contre Philippe Pétel, ex-doyen de la faculté de droit, ainsi qu’une interdiction de travailler dans la fonction publique pendant cinq ans. Ce dernier a reconnu son implication pour la première fois. Il a avoué avoir donné le champ libre au commando, mais a justifié son action par son  "épuisement et désespoir", au terme d'une journée au cours de laquelle il s'est senti "abandonné" par les autorités et sa hiérarchie.

"Je vous trouve un peu désinvolte. Ce sont des jeunes, à moitié endormis, qui ont reçu des coups de lattes en bois sur la tête"

Le procureur de la République à Philipe Petel

Des propos qui n’ont pas semblés convaincre, face à une preuve indéniable, une interview réalisée le lendemain matin des faits, par une de nos équipes de France 3 Languedoc-Roussillon. On y entend le doyen approuver et légitimer cette action violente. « On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs » affirme-t-il notamment.

10 mois ferme requis contre Jean-Luc Coronel

Concernant le professeur d’Histoire du droit Jean-Luc Coronel, le procureur de la République a requis 10 mois de prison ferme assortie de  d’une possibilité de surveillance à domicile avec un bracelet électronique.

Jean-Luc Coronel est accusé de « violences volontaires en réunion et en récidive. »
Jean-Luc Coronel est accusé de « violences volontaires en réunion et en récidive. » © Yannick Le Teurnier / FTV

Cet homme de 53 ans passionné d'escrime et de poésie médiévale est aujourd’hui enseignant à l’issep, dirigé par Marion Maréchal . Ce dernier avait déjà été condamné en 2013 par le tribunal correctionnel de Digne pour des "violences sur personne vulnérable".

Un an avec sursis requis contre Patricia Margand

Sa compagne Patricia Margand risque elle aussi de la prison. Le procureur a recquis contre elle un an de prison assortie de sursis. C’est cette ancienne candidate royaliste aux législatives de 2012 à Lyon, proche du Rassemblement National, qui a constitué le groupe de gros bras "pour faire peur" aux grévistes.

Un an ferme requis contre Martial Roudier

Un an de prison ferme a été recquis contre Martial Roudier, un des membres du commando. Le fils du fondateur de la ligue du midi, une organisation locale d’extrême droite, a été identifié comme le principal leader du groupe. Selon le président du tribunal il est le seul susceptible d'avoir "organisé tout ça", en vertu de son "expérience" et son "aura de militant ». 

Chez lui, les enquêteurs ont saisi un jean et des baskets similaires à ceux que portaient un membre du commando au visage dissimulé. L’homme en question reconnait sa présence sur les lieux mais nie toujours toute participation aux violences.

Concernant les 3 autres membres du commando, le procureur de la République a requis contre eux un an de prison dont quatre mois avec sursis. Ces sympathisants d’extrême droite revendiquent une "action nécessaire pour se débarrasser de gauchistes qui voulaient rejouer Mai 68. Dans un pays normal, on nous aurait félicités" affirment-ils.

Rappel des faits 

Les images des violences ont étés visionnées lors du premier jour du procès, grâce aux vidéos amateures tournées par les étudiants présents dans l’amphithéâtre dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 mars 2018. On y voit des hommes cagoulés, faire irruption dans l’amphithéâtre A, bloqué par des étudiants qui protestaient contre la loi Ore qui visait à réformer Parcoursup. 

Munis de bâtons, de taser ou de morceaux de palettes, ils frappent des jeunes, au hasard, parfois à terre. Les cris fusent et en à peine plus de cinq minutes l’amphithéâtre est évacué. Selon le procureur de la République, dix personnes ont été légèrement blessées lors de l'intervention du commando : "Quatre avec une interruption de travail temporaire d'une journée et six avec zéro ITT."

 

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