A Montpellier, manifestation contre les violences faites aux femmes : "dans 15 féminicides, c'est Noël"

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Écrit par Pauline Senet avec Camila Giudice.
La manifestation contre les violences sexistes et sexuelles a rassemblé un millier de personnes à Montpellier, dimanche 21 novembre 2021.
La manifestation contre les violences sexistes et sexuelles a rassemblé un millier de personnes à Montpellier, dimanche 21 novembre 2021. © FTV / Camila Giudice.

A l'appel national du collectif féministe "Nous Toutes", une manifestation est organisée à Montpellier ce dimanche après-midi, au départ de la place de la Comédie. Le mot d'ordre : la lutte contre tous les types de violences sexistes et sexuelles.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dès 14h, sur la place de la Comédie à Montpellier. Ce week-end, un appel national à manifester contre les violences faites aux femmes a été lancé par le collectif féministe "Nous Toutes". Samedi, entre 18 000 et 50 000 personnes étaient présentes à Paris. Cette marche annuelle avait été annulée en 2020 en raison des conditions sanitaires. Pour cette édition 2021, les organisatrices espèrent un retour en force. 

Contre les féminicides et les agressions sexuelles

La date de ce week-end de mobilisation a été choisie pour sa proximité avec le 25 novembre, journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Cécile porte une pancarte en forme de pierre tombale, sur laquelle est inscrit : "Laura, 34 ans, abattue".

Depuis le début de l'année, 101 femmes ont été tuées en France par leur conjoint ou leur ex-conjoint. Il faut que ça cesse.  On ne peut pas chaque jour se demander s’il va y en avoir une de plus.

Cécile, participante à la manifestation contre les violences sexistes et sexuelles

"Je suis là pour dire stop. Pour dire que c'est insupportable. Je porte le nom de cette femme que je ne connais pas, parce que je veux dire qu'on n'accepte pas sa mort. Elle avait une vie, elle avait des projets, elle n’aurait jamais dû mourir."

Plus loin, deux jeunes filles brandissent une large pancarte entièrement couverte de prénoms. Et un slogan choc, pour marquer la sinistre régularité statistique du phénomène : "Dans 15 féminicides, c'est Noël". "Quand on voit tous ces prénoms, on réalise à quel point c'est terrible. On a aussi voulu rendre hommage aux personnes trans tuées et aux travailleuses du sexe. Si on se mobilise pas, ça ne changera pas !"

Le 20 novembre était également la journée internationale du souvenir trans. Plusieurs banderoles l'évoquent, dont des hommages à Doona, jeune étudiante transgenre de 19 ans, décédée à Montpellier en septembre 2020.

Le cortège est majoritairement constitué de jeunes femmes, mais aussi de personnes de tous âges, d'hommes et d'enfants. 

Certaines pancartes évoquent les agressions sexuelles et les viols commis lorsque la victime est sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiant. "Même bourrée, je ne veux pas être violée". La récente recrudescence des verres drogués au GHB a été dénoncée sous le hashtag #balancetonbar. Plusieurs établissements de Montpellier ont été mis en cause par des témoignages. 

Une meilleure formation de la police

Le cortège marque un premier arrêt devant la préfecture. Le mot d'ordre : demander une meilleure prise en charge des victimes par la police. Le commissariat de Montpellier avait particulièrement été mis en cause par le mouvement #DoublePeine, qui dénonçait la violence des policiers lors des dépôts de plainte. Remarques sexistes, questions déplacées, minimisation, culpabilisation des victimes... Le site doublepeine.fr recense de nombreux témoignages. Le préfet de l'Hérault avait répondu dans un communiqué, qualifiant ce mouvement de "propos diffamatoires", de "fausses informations" et de "dénonciations calmonieuses".

Violences faites aux enfants

Le week-end du 20 novembre coïncide avec la journée mondiale de protection de l’enfance. Le thème des violences sexuelles subies par les enfants est également mis en avant. Salomé, bénévole au planning familial, tend tend un marqueur aux manifestantes. Elle leur propose d'écrire sur sa pancarte l'âge auquel elles ont subi leur première agression sexiste. "J'avais 13 ans, ils étaient quatre", "j'avais 9 ans", "j'avais 11 ans, la justice n'a rien fait", "j'avais 7 ans, il était censé me protéger"... 

On remarque que les agressions sexuelles et sexistes commencent dès le plus jeune âge. C'est pourquoi il faut absolument augmenter les moyens de protection de l'enfance, mais aussi que l'école éduque mieux les jeunes à la sexualité. 

Salomé, bénévole au Planning familial de l'Hérault.

La lutte contre les violences faites aux enfants est particulièrement présente dans le débat public cette année, avec le lancement au printemps de la Commission indépendante chargée d'enquêter sur les incestes et les violences sexuelles sur mineurs (Ciivise). Cette commission a recueilli 6 200 témoignages et devrait rendre un rapport "tsunami" en 2023.

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