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Après 56 agressions, les salariés de l'association Gammes à Montpellier dénoncent leurs conditions de travail

Les salariés de l'association Gammes qui travaillent auprès des plus précaires manifestent toute la journée contre des conditions de travail qui ne leur permettent pas d'assurer leurs missions - Montpellier - 25/03/2019 / © Sébastien Banus
Les salariés de l'association Gammes qui travaillent auprès des plus précaires manifestent toute la journée contre des conditions de travail qui ne leur permettent pas d'assurer leurs missions - Montpellier - 25/03/2019 / © Sébastien Banus

Plus d'une agression par semaine en 2018, les travailleurs sociaux de Gammes, en charge du soutien et de l'insertion des personnes en difficulté n'en peuvent plus. Ils dénoncent des conditions de travail déplorables depuis 3 ans à Montpellier. 

Par Carine Alazet avec Sébastien Banus

Rassemblés devant leurs locaux du centre ville de Montpellier, les salariés de l'association Gammes (Groupement d'associations mutualisées d'économie sociale) déplorent que leurs conditions de travail ne leur permettent pas de remplir leurs missions. 

Les conditions d'accueil des personnes sont inadaptées au volume d'activité. Cette inadaptation des locaux entraîne une augmentation des agressions subies par les personnes accompagnées et les salariés dans l'exercice de leur fonction.


Educateurs, assistantes sociale, chargés d'accueil, les salariés de l'associaton Issue Gammes tirent la sonette d'alarme. 

Depuis 3 ans, l'association Gammes qui accueillait initialement des SDF, s'est aussi vu confier la prise encharge des demandes d'asile à Montpellier.

Et depuis 3 ans, c'est un véritable embouteillage de la misère qui se forme dans leurs locaux.

Pour Emilie Bossan, éducatrice spécialisée pour Corus Issue Gammes à Montpellier, la situation n'est plus tenable.

On est dimensionné pour accueillir environ 100 à 200 personnes. Certains jours, il y en a 500.

Dans la rue, une douzaine de tentes "héberge" des familles avec enfants. Faute de solutions, les demandeurs d'asile ont en effet décidé de camper devant les bureaux de l'association.

Une situation qui génère des tensions entre les communautés ou avec les SDF qui n'ont plus accès à l'accueil de jour dans de bonnes conditions.

Les salariés ont dénombré 56 agressions depuis janvier 2018, soit plus d'une par semaine en un an.
Des violences entre personnes accompagnées et/ou à l'encontre du personnel
de l'association Gammes.

L'association Gammes, présidée par l'ancien préfet de l'Hérault Daniel Constantin, a notamment pour mission l'accueil en urgence, l'insertion, le logement et l'hébergement des personnes en situation de grande précarité.
 

 

Selon ses statuts, le regroupement d'association Gammes agit dans tous les secteurs de l'aide sociale pour aider les plus défavorisés et créer du lien social (voir encadré).
 

Les demandeurs d'asile en plus des SDF : 


Pour la partie "demandeurs d'asile", elle répond à un appel d'offre de l'Etat.

En clair, la gestion de la précarité est un marché, une "sous-traitance pour acheter la paix sociale", comme le disent certains travailleurs sociaux.

C'est donc devant la Préfecture que les salariés ont poursuivi leur mouvement ce lundi après-midi, pour demander les moyens qu'ils jugent nécessaires pour effectuer leur travail.

On ne se sent pas en sécurité et donc en capacité d'effectuer notre travail, qui nous passionne pourtant.

Les salariés demandent d'obtenir des moyens adaptés et une dissociation des deux activités d'accueil dans deux lieux distincts.

En fin d'après-midi, ils devraient être reçus à la préfecture de l'Hérault, par le sevice de la cohésion sociale.

Le reportage de Sébastien Banus et Christophe Monteil : 
 

 

 

L'association Gammes existe depuis 1946 :

L'association Gammes propose de l’aide et des soins infirmiers au domicile des personnes âgées et handicapés, des hébergements pour les plus démunis, du soutien pour l’acquisition des droits sociaux, de l'accompagnement à la reprise d’une activité professionnelle ou à la formation des personnes en recherche d’emploi.

Elle crée un réseau de boutiques-ressourceries proposant la vente d’objets à moindre coût, issue de leur collecte, leur réemploi et leur valorisation.

Elle s'efforce aussi de soutenir les familles dans l’accompagnement de la scolarité de leurs enfants, d'animer la vie sociale de quartier pour et avec les habitants.

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