L'Opéra orchestre national de Montpellier et le ballet du Capitole de Toulouse se sont unis symboliquement hier soir pour une représentation de "Giselle" qui a séduit des spectateurs montpelliérains, plus habitués à voir du contemporain. Nouvelle représentation ce soir.
"C'est un moment un peu symbolique", avait expliqué auparavant à la presse Jean-Paul Montanari, directeur de Montpellier Danse, qui ne programme habituellement que de la danse contemporaine.
Alors que la création de la nouvelle région Occitanie a forcé Montpellier et Toulouse à se rapprocher, "nous avons voulu associer cette belle compagnie de ballet toulousaine avec l'Opéra orchestre de Montpellier", a ajouté M. Montanari. "Ce que l'on espère, c'est que ce sera réciproque et que la ville de Toulouse aura à coeur d'inviter des artistes montpelliérains", a-t-il poursuivi.
Le directeur du ballet toulousain Kader Belarbi, ancien danseur étoile de l'Opéra de Paris aimant "les chemins de traverse", a proposé à un public montpelliérain conquis une Giselle "vivante et actuelle" tout en respectant "la lettre et l'esprit" de ce chef d'oeuvre du ballet romantique du 19ème siècle, dont il a dansé tous les rôles masculins, a-t-il expliqué à la presse.
Jean-Michel escafre et François Jobard ont assisté à la répétition de Giselle à Montpellier
L'Opéra orchestre national de Montpellier et le ballet du
Capitole de Toulouse se sont unis symboliquement mercredi soir pour une représentation
de "Giselle". Répétition.
•
©France 3 LR
Après un premier acte marqué par une "lourdeur" voulue par le chorégraphe, un univers de vignerons habillés par le costumier Olivier Bériot comme les personnages des toiles du peintre flamand Pieter Brueghel l'Ancien (16ème siècle), le second laisse place à la légèreté spectrale des Wilis, vêtues de blanc.
La vision de Kader Belarbi de ces créatures fantastiques de la mythologie slave, jeunes filles mortes d'avoir trop aimé la danse, a profondément séduit le public de l'Opéra Berlioz mercredi soir, la fin du spectacle ayant été marquée par de nombreux rappels. Tour à tour fragiles et menaçantes, les Wilis se fondent avec grâce dans la forêt à la fois féérique et effrayante du décorateur Thierry Bosquet.
Dirigé par Philippe Béran, l'Orchestre national de Montpellier, qui n'avait pas joué de ballet depuis 23 ans, a fort bien traversé le "champ de mines" que constitue selon le chef d'orchestre suisse la musique "très simple mais très nue" d'Adolphe Adam.
Nouvelle représentation ce soir au Corum de Montpellier.