Coronavirus : dans l'Hérault, la baisse de la vaccination des enfants menace le succès du déconfinement

Comme à l’échelle nationale, les vaccinations sont en forte baisse chez les enfants de l’Hérault depuis le début du confinement, ce qui met en danger leur santé. Autre conséquence : l’immunité collective pourrait chuter à leur retour en crèches ou écoles  après le 11 mai.

Un vaccin de la rougeole - mars 2019
Un vaccin de la rougeole - mars 2019 © F3 LR
Dans l’Hérault comme partout en France, les enfants sont moins vaccinés depuis le début du confinement selon les données de l’Académie de Médecine :
  


Baisse dans les PMI et en cabinets


Le docteur Anne Alauzen, directrice départementale de la Protection Maternelle et Infantile (PMI) de l’Hérault, partage ce constat :
 

A l’aune de nos dépenses en vaccins et de nos actes de consultation, on perçoit la même baisse qu’au niveau national. Les groupements de généralistes et de pédiatres du Biterrois et du Montpelliérain avec lesquels on travaille constatent aussi le peu de consultations et d’actes de prévention, tels que les vaccins réalisés depuis le début du mois de mars 2020.


Un déconfinement à haut risque


De quoi inquiéter à l’approche du 11 mai, date officielle du début du déconfinement et du retour des enfants en crèches, écoles, ou chez leurs assistantes maternelles. Car 2 problèmes se poseront alors :
 
Conséquence : ces enfants-là pourront potentiellement contracter les 2, avec des risques de complication. Car le printemps et l’automne sont des périodes où, traditionnellement, les infections ROR circulent beaucoup.
 
Par ailleurs, le retour de ces enfants en collectivités pose un problème de santé publique, puisque la baisse de leur couverture vaccinale les rend plus fragiles et risque de fragiliser les autres : la protection générale de la population, dite "immunité collective", pourrait également diminuer.
 

15 jours pour se mettre en règle


Face à ce défi et en l’absence, pour l’instant, de directive nationale, le Conseil Départemental de l’Hérault a décidé d’émettre des recommandations aux directeurs d’établissements et aux assistantes maternelles :
 
Comme l’explique le docteur Anne Alauzen, directrice départementale de la Protection Maternelle et Infantile (PMI) de l’Hérault :

Pour les rappels, il vaut mieux respecter les délais entre chaque injection, mais on a quand même un peu de marge. Mais il faut les faire : une seule injection ne suffit pas à protéger.


Mesures de précaution prises pour la vaccination


Le Département a pourtant pris la peine de recontacter tous les patients suivis régulièrement par les 22 PMI du territoire et qui n’avaient pas honoré leurs rendez-vous. Peine perdue :
 

Pendant le confinement, la plupart nous ont dit qu’ils ne souhaitaient pas se déplacer par peur d’attraper le coronavirus. La consigne "Déplacez-vous le moins possible" a été mal comprise, les gens ont simplifié et interprété "y compris chez le médecin". On avait pourtant revu tous nos protocoles d’accueil et de nettoyage, en espaçant les rendez-vous pour que les patients ne se croisent pas et qu’on puisse désinfecter les locaux entre chaque consultation.


Mais les chiffres de fréquentation des PMI de l’Hérault ne sont pas remontés depuis le début du mois de mars. Et à l’approche du déconfinement, il y a urgence à vacciner et les médecins s’inquiètent. Ils rappellent que 11 vaccins sont obligatoires pour les enfants nés à partir du 11 janvier 2018.

 
La PMI de l'Hérault en chiffres et en pratique
Tout au long de l’année, la Protection Maternelle et Infantile de l'Hérault accueille les familles :
 
  • Plus de 5.000 enfants sont suivis et 16.000 examens sont réalisés par les professionnels pluridisciplinaires travaillant au sein de la PMI de l’Hérault.
  • 13.000 vaccinations entièrement gratuites sont réalisées sur les tout-petits. Les vaccinations des bébés continuent à être réalisées durant cette période de confinement.

Pendant le confinement :
 
  • La PMI reste ouverte aux parents et aux enfants sur 22 sites couvrant l’ensemble du territoire.
  • Chaque rendez-vous est espacé d’une demi-heure afin de permettre la désinfection des locaux et d’éviter de croiser d’autres patients. Les gestes barrières sont scrupuleusement respectés.
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