Coronavirus : dans l'Hérault, des marchés sous dérogation et sous surveillance

Les marchés ouverts sont interdits depuis le 24 mars, mais les préfectures peuvent accorder des dérogations à des communes, notamment lorsque les marchés répondent à un besoin d'approvisionnement local. C'est le cas de Cessenon-sur-Orb dans l'Hérault, où des règles sanitaires s'imposent cependant.

Photo d'illustration
Photo d'illustration © Nicolas CREACH / Maxppp
Samedi 28 mars, jour de marché à Cessenon-sur-Orb : malgré l'annonce de l'interdiction des marchés ouverts faite par Edouard Philippe quelques jours plus tôt, les commerçants sont bien là, car la maire a demandé une dérogation. C'est donc un marché autorisé, mais surveillé, qui se tient. Seuls les étals alimentaires ont pu s'installer, et les règles de sécurité sanitaire sont appliquées scrupuleusement.

Masque sur le visage et gants sur les mains par exemple, ses fruits et légumes dans son fourgon pour que personne ne les touche, cette commerçante a aussi mis des affiches pour rappeler les mesures de protection. Entre autres, "privilégiez les paiements par carte bancaire", demande-t-elle à ses clients.
   

"Peu de monde, peu de risques"


"Il y a peu de monde donc je pense qu'il y a peu de risques, on est dans un petit village et les gens respectent vraiment les distances de sécurité, même avec les commerçants, constate une habitante . Je ne pense pas que ce soit risqué, et je pense que c'est même moins risqué que dans une grande surface."

Pour Marie-Pierre Pons, maire de la commune, ce marché bi-hebdomadaire est un service de proximité indispensable pour se fournir en produits frais, mais aussi pour sortir, ne serait-ce qu'un moment, d'un confinement parfois lourd à supporter.
 

Ça permet à des personnes de sortir pendant une heure, d'avoir du lien, car même si ce confinement est nécessaire, il coupe les gens les uns des autres.

Débouché nécessaire pour les producteurs


"Pour les producteurs ça me paraît aussi très important de maintenir le marché", ajoute la maire.

Pour les commerçants en effet, la diminution importante des débouchés habituels est difficile à supporter. Ces marchés maintenus malgré la crise restent donc un vrai plus pour leur trésorerie, comme l'explique Ludovic Bosi, maraîcher :
 

Nos productions sont là, dans les champs, elles attendent d'être cueillies. C'est important de pouvoir les écouler surtout qu'on livre beaucoup les restaurateurs, et en ce moment il n'y a plus de restaurateurs.


Autre argument en faveur du maintien du marché de Cessenon-sur-Orb : dans cette commune de 2.300 habitants, seule une petite surface alimentaire est encore ouverte aujourd'hui.

Dès les annonces du Premier ministre sur la fermeture des marchés, la Chambre d'agriculture de l'Hérault avait adressé un courrier aux maires du département pour qu'ils maintiennent les marchés ouverts. Ailleurs, comme à Albi ou à Toulouse, des dérogations ont également été rapidement demandées. Au niveau national, la Fédération des marchés a saisi le Conseil d’État pour contester la fermeture obligatoire.

 
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