Covid-19, les associations d'Occitanie se retrouvent en panne de bénévoles

Comme partout en Occitanie, avec la crise sanitaire, les associations se retrouvent en difficulté. Les bénévoles sont moins nombreux, alors que les bénéficiaires affluent. Tour d’horizon de diverses associations dans l’Hérault.

C’est un rendez-vous essentiel pour l’activité quotidienne des Restos du cœur : les 5, 6 et 7 mars, l’association héraultaise organise sa collecte annuelle auprès des clients de 75 supermarchés.

Cette opération représente 12% des denrées totales récoltées : « cette année, la collecte sera la bienvenue pour faire les stocks » affirme Chrystel Nicolas, chargée de communication des Restos du Cœur de l’Hérault. Chaque jour, plus de 300 repas sont préparés et distribuées le midi, à Montpellier.

400 bénévoles recherchés chez les Restos du Coeur
 

Mais cette année, avec la crise sanitaire, l’association est en manque de bénévoles.

Nous avons dû mettre de côté nos bénévoles retraités pour les protéger face à la crise 

Chrystelle Nicolas, chargée de communication des Restos du Cœur

Cela représente 30% de bénévoles en moins sur les opérations de collectes et dans les centres du département.Les Restos du Cœur de l’Hérault lancent donc un appel pour renforcer leurs équipes sur cette collecte nationale : « Il nous faut des bénévoles pour la demi-journée » précise Chrystel Nicolas. Sur les trois jours, plus de 1000 bénévoles sont nécessaires. Il en manque environ 400.

Alors que les bénévoles sont moins nombreux, les bénéficiaires, eux, augmentent. Actuellement, 7350 familles sont aidées par les Restos du cœur dans l’Hérault. C’est environ 15% de plus que l’année dernière.

La salariée s’inquiète également du public concerné par les dons : « Nous faisons face à des personnes qui nous touchent, notamment des jeunes. Cette année, c’est quelque chose de nouveau, nous n’aurions jamais imaginé que la jeunesse frappe à notre porte ».

 Pour participer à cette action solidaire, il faut s’inscrire sur le site des Restos du Coeur.


Le Secours populaire tente de s’adapter
 

Du côté du Secours Populaire, le traditionnel Don’Actions va débuter le 6 février, lors d’une grande soirée consacré sur France 2. Habituellement, c’est une tombola classique avec des lots. Cette année, pour la première fois, l’opération est numérique via les téléphones portables et des dons par SMS ou carte bancaire.

Thibault Mascarello, en charge de l’aide alimentaire au Secours populaire de Montpellier, évoque « une véritable révolution ». « Cette année, la collecte de dons  s’annonce plus compliquée avec cet outil numérique, nous allons devoir nous adapter » ajoute-t-il.

Là aussi, l’association a dû aider davantage de bénéficiaires : « c’est de plus en plus compliqué, il y a de plus en plus de monde qui viennent chercher de l’aide » confirme-t-il. Trente structures sont réparties sur le département, gérées par 1400 bénévoles.

Ici également, les bénévoles retraités ont dû rester chez eux, « mais heureusement, de nouveaux sont arrivés donc les effectifs totaux sont finalement plus importants qu’avant le confinement » précise Thibault Mascarello. Sur Montpellier, 60 nouvelles personnes ont apporté leur aide sur les 150 bénévoles.

A Montpellier, une nouvelle permanence a vu le jour pendant le premier confinement. 600 familles été alors accompagnées, aujourd’hui, elles sont plus de 1300. Sur l’Hérault, en totalité, 30 000 personnes ont été soutenues en 2020, accompagnées dans leur quotidien pour toutes sortes de tâches.

Le salarié souligne la difficulté de mener à bien leurs actions habituelles avec la crise sanitaire. Malgré tout, sur l’année 2020, 1500 tonnes de denrées alimentaires et 200 tonnes de produits d’hygiène ont été récoltées.
 

 

EMMAUS a besoin de dons alimentaires


Depuis début janvier, la communauté Emmaüs basée à Frontignan, était en rupture de stock de couvertures. La situation est aujourd’hui redevenue normal,e mais les stocks de nourriture sont au plus bas.

Jean Marc Delgéri, responsable de la communauté de Frontignan, l’assure : « nous sommes de moins en moins aidés par Carrefour, nous sommes donc obligés d’acheter de plus en plus pour pouvoir subvenir aux besoins des compagnons, mais aussi des maraudes extérieures ». Sur la quarantaine de repas distribués sur site et la cinquantaine à l’extérieur, seul un quart provient de dons du supermarché.



Il appelle donc aux dons de converses et de produits secs : « nos stocks sont extrêmement bas, nous avons besoin de produits non-périssables ».

Là aussi, les bénéficiaires sont toujours plus importants : 300 personnes par jour environ au centre de Frontignan. « Nous ressentons un accroissement de la fréquentation de la clientèle, surtout pour acheter le minimum nécessaire (couverts, vaisselle, couverture). Au fil des semaines, il y a toujours de plus en plus de monde » assure le responsable.

Et il n’est pas optimiste : « Je pense que ça ne peut aller qu’en s’accroissant, on est une vitrine et un point d’observation dramatique, on sent la détresse de plus en plus de gens et on a de plus en plus de sollicitations par téléphone ».

 Nous sommes à l’aube d’une explosion de bénéficiaires. Ca progresse déjà dramatiquement, de plus en plus de gens viennent acheter à moindre coup de le strict nécessaire et les demandes de solidarité s’accroissent

Jean Marc Delgéri, responsable de la communauté Emmaüs de Frontignan



Les demandes de logement aussi explosent. Les 20 hébergements de Frontignan gérés par la communauté sont déjà occupés. En une journée, le 2 février dernier, la communauté a enregistré sept demandes d’accueil de personnes sans domicile fixe, « ce sont toutes sortes de profil, des jeunes et plus âgées, des couples et des femmes seules ».

Contrairement aux Restos du Cœur, le responsable constate une augmentation des bénévoles : « les gens sont solidaires et veulent offrir de leur temps ». Sur la quarantaine de bénévoles, une dizaine a rejoint la communauté depuis l’année dernière. 

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