Déconfinement : Mircea Sofonea épidémiologiste à Montpellier "on va rester à 5 ou 6000 patients Covid des semaines"

Face aux annonces probables d'allégement des restrictions sanitaires dans les semaines à venir et à un déconfinement annoncé avec un couvre-feu plus tardif, les scientifiques tirent la sonnette d'alarme, l'épidémie va stagner à un niveau très élevé pour encore des semaines malgré la vaccination.

Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l'université de Montpellier. 2021.
Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l'université de Montpellier. 2021. © Université de Montpellier.

La semaine dernière, Santé publique France a comptabilisé environ 29.700 nouveaux cas Covid par jour, contre près de 33.000 les sept jours précédents. Ce reflux des cas dépistés quotidiennement est net, environ 6.000 lundi... seulement. Mais cette baisse reste encore fragile aux yeux de plusieurs épidémiologistes.

En Occitanie, même si les taux d'incidence baissent de jour en jour, ils restent à des niveaux élevés de circulation du virus et au dessus des seuils d'alerte. Gard (361), Hérault (288), Tarn (253) ou Lozère (244). La tension hospitalière et en réanimation dépasse les 80% contre 118% en France.

Chaque jour, 1.700 nouveaux cas Covid en moyenne sont détectés en Occitanie.

Plusieurs spécialistes des maladies infectieuses essaient de modérer les ardeurs gouvernementales de déconfinement progressif annoncé entre mai et juin.

On ne peut pas s'attendre (...) avec la réouverture des écoles, la réouverture des terrasses et des lieux culturels, à avoir une épidémie qui va régresser, on va rester à ce niveau très élevé de tension hospitalière.

Mircea Sofonea, maître de conférences en épidémiologie et évolution des maladies infectieuses à l'université de Montpellier.


"Nous sommes arrivés à 6.000 patients Covid en soins critiques, on ne va pas retomber, on va rester à ce niveau élevé pendant plusieurs semaines", a-t-il insisté, sur BFMTV, en rappelant qu'au-delà des patients Covid, "il y a des patients non Covid dont les opérations sont déprogrammées" dans les hôpitaux saturés.

Hausse des variants

La question de la circulation des variants, à laquelle le ministre de la Santé Olivier Véran consacre un déplacement ce mardi à l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France, inquiète toujours. Ainsi, le Syndicat national des pilotes de lignes (SNPL) d'Air France a appelé les pilotes de la compagnie non vaccinés contre le Covid-19 à refuser les vols vers l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud, l'Argentine et le Chili.

La part des variants brésilien et sud-africain, redoutés pour leur plus grande contagiosité et suspectés de mieux résister aux vaccins, reste pour l'instant très minoritaire en France (4,2% de suspicion de ces variants dans les nouveaux cas), mais leur part a brusquement augmenté en Ile-de-France, passant de 6 à 9% en quelques jours.

En Occitanie, selon les départements, le variant britannique représente entre 78% et 93% des cas de Covid.
Les variants sud africain et brésilien dépassent les 3% dans le Gard (5.70%) et l'Aude (36.60%). Aucun cas de variant indien d'est enregistré.
 

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