Hérault : sur la face nord du Pic Saint-Loup en escalade avec Sébastien Bouin, grimpeur de haut vol

Sébastien Bouin est l’un des meilleurs «falaisistes» du monde. Cet Héraultais d’adoption fait partie des meilleurs grimpeurs pour l’escalade en falaise. Il taquine les voies les plus difficiles du Pic Saint-Loup et de Russan dans le Gard. Rencontre vertigineuse avec ce funambule de 28 ans.

Séphane Boin, qui vit près de Montpellier, s'attaque aux voies d'escalade les plus difficiles du monde comme ici, à Russan dans le Gard. Il tente de passer une ligne de 60 mètres sur la voûte naturelle d’une grotte au bord du Gardon.
Séphane Boin, qui vit près de Montpellier, s'attaque aux voies d'escalade les plus difficiles du monde comme ici, à Russan dans le Gard. Il tente de passer une ligne de 60 mètres sur la voûte naturelle d’une grotte au bord du Gardon. © N.Chatail/FTV

L’automne dernier, Sébastien Bouin a « libéré » une voie d’escalade particulièrement redoutable 50 mètres de long  sur la face nord du Pic Saint-Loup. Libérer, cela signifie parcourir une paroi entre terre et ciel, d’une seule traite, sans tomber.

Le niveau de difficulté de cette paroi est coté 9b : c’est l’une des notations les plus élevées dans le milieu de l’escalade. Au royaume des grimpeurs, rares sont ceux  qui sont capable d’une telle prouesse.

"C’était un moment très sympa mais aussi quelque chose de très dur : c’est la difficulté maximale en escalade que j’ai pu atteindre" explique ce jeune sportif de 28 ans.

C’est une sensation assez exceptionnelle d’être allé de ce point A à ce point B sans tomber !

Sébastien Bouin, grimpeur professionnel

Sébastien Bouin, grimpeur professionnel a vaincu une voie d'escalade cotée 9b sur la face nord du Pic Saint-Loup, l'une des voies les plus difficile au monde.
Sébastien Bouin, grimpeur professionnel a vaincu une voie d'escalade cotée 9b sur la face nord du Pic Saint-Loup, l'une des voies les plus difficile au monde. © N.Chatail/FTV

Une « muscu » spéciale escalade

Le jeune homme originaire de Draguignian a mis entre parenthèses son métier de professeur de sport en collège pour se consacrer entièrement à sa discipline.

Depuis lors, il enchaîne les voies difficiles avec succès. Le résultat d’un entraînement constant en falaise mais aussi en salle où il s’attaque en priorité aux voies les plus dures, celles qui sont collées au plafond.

En salle, on peut faire un entraînement moins contextualisé mais qui permet de pousser un peu plus loin certaines ressources. Cela  permet d’avoir plus de force, plus d’endurance, plus de muscles, comme de la muscu classique mais orientée escalade.

Sébastien Bouin

Toujours plus difficile

Ce funambule dont l’agilité et la technique laisse souvent les autres grimpeurs pantois d’admiration, n’est pas très actif sur le circuit des compétitions. Il préfère se distinguer en falaise par la réalisation de voies extrêmement difficiles. Depuis 2015, il d’ailleurs fait partie de la dizaine de grimpeurs mondiaux qui ont atteint le niveau 9b. 

Son nouveau défi se trouve dans le Gard, à Russan, sur un site bien connu des grimpeurs depuis les années 80 qui compte plus de 200 voies de tous niveaux dont une particulièrement difficile… qui n’existe pas encore.

Il s’agit d’une ligne de 60 mètres collée à la voûte naturelle d’une grotte au bord du Gardon que ce grimpeur hors normes a lui-même équipée. Il estime sa cotation à du 9c, un véritable graal pour les amateurs comme pour les pros.       

On va d’échec en échec pour aller vers la réussite. Moi, je dis toujours que la réussite, c’est juste le bonus d’un combat qui a été bien mené parce que je me suis éclaté et que j’ai passé un très bon moment.

Sébastien Bouin

Sébastien Bouin espère bien parvenir à relever cet immense défi d’ici deux à trois ans.

Une fois « libérée », cette voie gardoise sera l’une des plus dures au monde. D’autres grimpeurs viendront de loin pour s’y frotter.

 

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