Près de Montpellier, un sursis de six mois accordé au jeune boulanger guinéen menacé d'expulsion

Entré illégalement sur le sol français en 2018, le Guinéen Souleymane Sow avait trouvé un travail en CDI dans une boulangerie à Fabrègues (Hérault). Menacé d'expulsion, il vient d'obtenir une autorisation préfectorale provisoire, lui permettant de rester six mois supplémentaires en France. 

Souleymane Sow avait décroché un CDI dans une boulangerie de Fabrègues.
Souleymane Sow avait décroché un CDI dans une boulangerie de Fabrègues. © A. Guiraud / France Télévisions.

Dans l'Hérault, l'histoire de Souleymane Sow a beaucoup ému. Ce jeune Guinéen de 24 ans a quitté son pays et rejoint la France en 2018 dans le but d'y trouver une vie meilleure.

Motivé, il a trouvé rapidement du travail au sein de la boulangerie d'insertion "Pain et Partage" à Fabrègues et y a décroché un CDI au bout d'un an. Mais problème : Souleymane Sow est entré illégalement sur le sol français.  

Une attestation provisoire de séjour de 6 mois

Débouté de sa demande d'asile en octobre 2020, le jeune boulanger était sommé de retourner dans son pays d'origine avant fin janvier. Il a d'ailleurs effectué son dernier jour de travail le 18 janvier.

Mais vendredi 30 janvier, la préfecture de l'Hérault a accordé un sursis au jeune homme : il bénéficie désormais d'une attestation provisoire de séjour (APS) de 6 mois.

La préfecture a décidé de faire preuve d'humanité. Cette APS n'autorise pas Monsieur Sow à travailler, mais elle doit lui permettre de préparer son retour en Guinée et d'anticiper les démarches pour demander le bon visa.

 La préfecture de l'Hérault.

Ce temps supplémentaire permettra également à Souleymane Sow de se remettre de son opération : il a récemment été opéré des oreilles et doit éviter de prendre l'avion pour l'instant.

Déception pour le jeune homme

Le jeune boulanger espérait vivement pouvoir obtenir un permis de séjour. Pour lui, ce sursis ne change rien et décale seulement le problème. 

Ce n'est pas une bonne chose, déjà parce que je ne veux pas rentrer dans mon pays. Et ensuite, on me laisse six mois en France, sans pouvoir travailler et sans solution d'hébergement. Comment je vais faire pour vivre ?

Souleymane Sow.

Le jeune homme affirme qu'il a entamé des démarches auprès de l'Ambassade de France en Guinée.

Un élan de solidarité pour Souleymane Sow

Depuis plusieurs semaines, des actions solidaires s'organisent pour aider le Guinéen : pétitions en ligne, manifestations, mobilisation de personnalités politiques et d'associations...

Ce samedi 30 janvier, un nouveau rassemblement est organisé à Fabrègues en soutien au jeune homme. Car pour beaucoup, si le geste de la préfecture est appréciable, il reste malheureusement insuffisant voire inutile. 

"Même s'il reste plus longtemps en France, il ne peut pas travailler donc ça pénalise dans tous les cas l'entreprise", constate Romuald Adriansen, responsable de production chez "Pain et Partage", qui vient d'embaucher un nouveau salarié pour le remplacer.

Je ne sais malheureusement pas si nous pourrons reprendre Souleymane dans quelques mois ou années quand la situation sera régularisée.

Romuald Adriansen.

De son côté, Patrice Victor, membre de l'Association Humanitaire de Montpellier, préfère positiver. "C'est sûrement mieux que rien", se dit-il. Il espère à présent que Souleymane Sow pourra "bien s'en tirer" et à terme passer son CAP Boulangerie en France.

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