Hérault : alerte enlèvement d'animaux domestiques ou quand les chiens valent de l’or

En France, 75 000 chiens sont volés chaque année pour être revendus. Un trafic juteux opéré en grande partie sur internet. Un phénomène qui s’est accentué depuis un an, notamment dans l’Hérault.

C’est bien connu quand on aime, on ne compte pas. Et ce proverbe s’applique particulièrement aux propriétaires de chiens, en totale adoration devant leur boule de poils. Mais tout le monde ne voit pas les choses sous cet angle. Pour certains, un chien en laisse s’apparente plutôt à une bonne liasse de billets au bout d’une corde. Car certaines races de chien coûtent une petite fortune : jusqu’à 10 000 € pour un chiot lévrier azawakh de pur race.

C’est un phénomène difficile à chiffrer, car il faut pouvoir le prouver, mais il y a beaucoup de chiens volés sur Montpellier et sa région.

Laura Beck gestionnaire de la fourrière animale à Villeneuve-lès-Maguelone.

En France, 75 000 chiens seraient ainsi volés chaque année. Dans l’Hérault, le phénomène semble s’être accentué depuis un an « C’est un phénomène difficile à chiffrer, car il faut pouvoir le prouver, mais il y a beaucoup de chiens volés sur Montpellier et sa région » affirme Laura Beck gestionnaire de la fourrière animale à Villeneuve-lès-Maguelone.

Jusqu’à 10 000 euros sur le marché noir

Le vol d'un animal est un délit passible d'une peine allant jusqu'à trois ans de prison et 45 000 euros d'amende. Mais pour les voleurs, c’est un business juteux et facile. La majorité des animaux sont revendus via les réseaux sociaux ou sur des sites d’annonces bien connus, comme Leboncoin. D’autres n’hésitent pas à demander une rançon aux propriétaires. « Certains propriétaires font le tour des camps de roms ou de gens du voyage pour trouver leur chien et tenter de le racheter » explique Laura Beck.

Certaines races comme les rottweilers, les pit-bulls ou les mastiffs, font l’objet de véritables trafics, et font des kilomètres pour participer à des combats de chiens. Une pratique barbare, interdite en France, ou un chien va affronter un autre animal, un sanglier, un ours ou un autre chien, jusqu’à la mort.

Des chiens de race «à la mode»

La plupart des chiens volés sont des Chihuahuas, des Yorkshires ou des Loups de Poméranie. Des petits chiens faciles à attraper qui disparaissent parfois en quelques minutes.

A Palavas-les Flots, Géraldine s’est fait voler Panel, un petit Yorkshire de deux ans et demi, le 25 juillet, alors qu’elle travaillait dans son magasin : « Il était toujours avec moi dans la boutique, mais il a suffi que je tourne la tête cinq minutes, pour que quelqu’un l’attrape. C’était comme un enfant, je suis désespérée » explique-t-elle.
Géraldine a dû batailler pour réussir à porter plainte au commissariat le plus proche. « Je comprends que les forces de l’ordre ont autre chose à faire. Mais on n’est vraiment pas aidé » regrette Géraldine qui se sent impuissante face à une situation injuste.

Vols à l’arraché, cambriolage et agressions

Comme Géraldine, de nombreux propriétaires se font voler leur chien « à l’arraché » dans la rue, ou lorsqu’ils laissent leur animal attaché à l’extérieur d’un magasin, ou dans leur voiture. Mais les voleurs n’hésitent plus à pénétrer directement dans le jardin des propriétaires ou à cambrioler des maisons pour voler des chiens de valeur.

Les gros chiens, comme les American Staffordshire ou les American Bullies, ne sont pas épargnés. Très à la mode, ils attirent les convoitises et les voleurs n’hésitent plus à user de la force en coupant les laisses ou agressant les maîtres pour s’en emparer.
Sur la page Facebook ADA 34, qui recense les avis de disparitions, un propriétaire affirme ainsi avoir été agressée samedi 8 août au soir vers 3 h du matin par sept individus sur la plage du môle au Cap d’Agde. Les agresseurs se sont alors emparés de « Gucci » un staffie de 3 mois.

Pour encadrer la vente de chiens, et dissuader les particuliers de proposer à la vente des portées de chiots, une ordonnance prévoit désormais que tout éleveur qui veut produire, et ensuite vendre, un chiot ou un chaton doit préalablement se déclarer auprès de la chambre d’agriculture et obtenir un numéro SIREN.

Conseils pour éviter les vols 

Pour espérer retrouver un jour son animal de compagnie, il est fortement conseillé d’identifier son animal. En effet, la majorité des animaux disparus ne sont ni pucés, ni tatoués, ce qui rend les recherches impossibles. Il est fortement déconseillé d’exposer son animal sur les réseaux sociaux et de le laisser sans surveillance. Les questions comme « c'est une pure race ? », « est-il stérilisé ? », « combien ça coûte ? », doivent également alerter.

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