INSOLITE. Des faux timbres plus chers que les vrais, la vente aux enchères a attiré des collectionneurs du monde entier

Des enchères inédites ont eu lieu jeudi à Montpellier. 2.500 faux timbres, signés Jean de Sperati, un copiste mondialement célèbre, étaient mis en vente. Il avait réussi à berner les plus grands experts et à vendre ses créations auprès de riches clients.

Cette vente insolite est l’épilogue d’une histoire exceptionnelle, celle d’un homme qui dans les années 1940 à 1950 a fait tourner les têtes des plus grands collectionneurs du monde.

Jean de Sperati, faussaire philatélique italien talentueux, qui certain de la qualité de ses faux timbres, se moquait ouvertement des experts.

Il envoyait certaines de ses productions à de grands experts, très renommés à l'époque, pour qu'ils les authentifient comme des vrais timbres. Ils les retournaient alors avec un certificat d'expertise disant que les timbres étaient vrais.

Gaël Caron, expert professionnel en philatélie et directeur du timbre classique.

De faux timbres à plus d'un million d'euros

On parle ici de timbres rarissimes, dont les ventes atteignent des prix vertigineux.

"Il copiait des timbres internationaux dont les quelques exemplaires restants dans le monde se comptent sur les doigts des deux mains et se trouvent dans des musées ou dans la collection du roi d'Angleterre. À chaque fois que ces timbres passent aux enchères, ils dépassent le million d'euros", explique l'expert.

Faussaire indécelable, c’est par un coup du destin qu’il sera démasqué.

En 1942, il avait fait un envoi vers le Portugal de timbres rares, sans déclarer la valeur de la marchandise. Donc, la douane voulait percevoir les droits. Et lui, lors du procès a dû se défendre en expliquant "les timbres ne sont pas vrais, c'est moi qui les ai fait, je vais vous expliquer comment". Il était démasqué.

Gaël Caron, expert philatélique professionnel.

Le mode d'emploi du parfait faussaire

Dans cette vente, des pièces rares, comme le recueil où il décrit par le détail sa technique de faussaire, ou encore un album offert à sa fille. L'objet volé a disparu plusieurs années avant de réapparaître aux Etats-Unis.

La vente est exceptionnelle car c'est la collection familiale du faussaire. Elle est unique. On a déjà vendu ses "œuvres" qui venaient de collectionneurs ou de marchands mais jamais de la collection Sperati.

Caroline Tillié-Chauchard, commissaire-priseur "la maison dame marteau".

Cette vente a attiré des amateurs du monde entier, des collectionneurs de faussaires, la boucle est bouclée.

Aujourd’hui encore, les experts ont bien du mal à reconnaître les "vrais faux" de Jean de Sperati, décédé en avril 1957 à Aix-les-Bains.

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