« J’ai cru mourir ce jour-là » : lors du procès du meurtre de Sofiane Perrin, le témoignage d'une autre victime

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Écrit par Pauline Senet avec Florent Hertmann
En ce troisième jour de procès, plusieurs témoins ont été entendus à la cour d'Assises de Montpellier.
En ce troisième jour de procès, plusieurs témoins ont été entendus à la cour d'Assises de Montpellier. © FTV / Dessin de Valentin Pasquier

À la cour d'Assises de Montpellier, c'est le troisième jour du procès des cinq hommes accusés du meurtre de Sofiane Perrin, en 2016. Les premiers témoins ont été entendus aujourd’hui.

Le procès des cinq accusés du meurtre de Sofiane Perrin a commencé lundi à la cour d'Assises de Montpellier. Les faits remontent à 2016. Sofiane, 17 ans, est retrouvé mort sur un trottoir de Montpellier. 

Les deux premiers jours du procès ont été consacrés à la personnalité des accusés et à l'analyse des blessures des victimes. 

Ce mercredi, les premiers témoins ont été entendus. 

D’abord, deux copains de Sofiane évoquent le climat de crainte et les menaces subies par la victime dans les jours et les heures précédant le drame. Deux témoins qui ne cessent de répéter que tout cela s’est passé il y a 5 ans, qu’ils avaient 15 et 16 ans à l’époque et qu’ils ne se souviennent plus vraiment. 

En revanche, le témoin suivant, lui, se souvient parfaitement. Au moment des faits, il a 31 ans.

"Ce sera dans ma tête à vie"

« J’ai cru mourir ce jour-là », explique Nicolas, en pleurs. 

Témoin et partie civile dans ce procès, c’est lui qui est le premier soupçonné du vol de 15 000 euros à la bande de Capestang. La veille du meurtre de Sofiane, les petits trafiquants ont décidé de mener leur enquête et s'en prennent d’abord à Nicolas, un de leurs clients. Lors du procès, celui-ci désigne Adamee, "le soldat" et Hicham dit "le sanglier". Il raconte qu'ils le frappent et le torturent. « Ce sera à vie dans ma tête, à vie...". 

Ce jour-là, Sofiane et son ami Édouard ont été contraints de frapper Nicolas par deux des tortionnaires, Adamee et Hicham. Celui-ci n’avouera jamais être l’auteur du vol. Blessé et traumatisé, Nicolas sortira vivant de son calvaire. 

Selon son avocat Philippe Calvet, Nicolas n'en a pas voulu à Edouard et Sofiane. Il a "su faire la différence entre ceux qui étaient dans la même barque que lui, et ceux qui étaient là pour l'agresser sans raison."

Le traumatisme subi est encore prégnant. Nicolas avait 31 ans au moment des faits. Cinq ans après, il n'a pas réussi à tourner la page.

Me Philippe Calvet, avocat de Nicolas

Édouard partage le calvaire de Sofiane

Tout dérape le lendemain, lorsque les soupçons des accusés se portent sur Édouard et Sofiane. Rescapé, Edouard Almeda a été entendu en fin d'après-midi. C’est le témoin principal, compagnon de Sofiane, séquestré avec lui par les accusés Adamee et Hicham.

Édouard revient sur la chronologie des faits, à commencer par les tortures sur Nicolas. Il confirme les coups portés pour prouver son innocence aux tortionnaires. Peine perdue. Édouard raconte la nuit d’horreur du lendemain au terme de laquelle Sofiane perdra la vie. Les coups de poings, de batte de baseball, avec le canon d’un fusil... pour leur faire avouer le vol de l’argent.

Édouard explique avoir essayé de parer ces coups et de protéger Sofiane, plus jeune et plus vulnérable.

À la barre, le témoin décrit en particulier la violence du troisième homme de main, Djamel, par ces mots : « quelqu’un qui vous veut du mal ». L’accusé se lève soudain dans le box, traitant de menteur la victime à la barre. Il crie à la présidente de la Cour qu’il veut quitter la salle.

Après le départ de Djamel Fellah, Édouard poursuit son audition en décrivant Sofiane couvert de sang, agité et tenant des propos incohérents. Ils seront ensuite jetés d'une voiture et abandonnés sur un trottoir. Sofiane ne survivra pas à ses blessures.

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