Un jeune entrepreneur de Montpellier lance la plateforme CircleFishers, le Vinted de la pêche loisir

La plateforme Circle Fishers, créée à Montpellier et hébergée dans l'incubateur IONIS 361, permet aux amoureux de la pêche de vendre et d'acheter en toute sécurité du matériel d'occasion auprès d'autres passionnés, comme le fait Vinted avec les vêtements.

Mordu de pêche depuis ses 6 ans, Karim Sanogho a lancé Circle Fishers, une plateforme qui permet l'achat et la vente sécurisée de matériel de pêche d'occasion
Mordu de pêche depuis ses 6 ans, Karim Sanogho a lancé Circle Fishers, une plateforme qui permet l'achat et la vente sécurisée de matériel de pêche d'occasion © Karim Sanogho
Le saviez-vous : la pêche est un sport. Un sport extrêmement répandu. La France compte plus de 2 millions de pêcheurs. La fédération française de pêche est la deuxième plus grande fédération sportive après le football.
Karim Sanogho est tombé dedans quand il était tout petit. Ce Toulousain d'origine, installé à Montpellier depuis 5 ans, a tenu sa première canne à 5 ou 6 ans, et continue depuis de vivre sa passion.

Comme énormément de pêcheurs amateurs ou confirmés, Karim s'est longtemps fourni en matériel de seconde main, sur Leboncoin ou via des groupes Facebook dédiés.

En occasion, on trouve du matériel neuf en moyenne à -50%. C'est très avantageux, parce que pour la pêche au leurre, à la carpe, à la truite, même en mer, il faut du matériel de moyen à haut de gamme qui vient bien souvent des Etats-Unis ou du Japon. C'est un budget assez conséquent.
 

Du matériel neuf qui n'a jamais vu l'eau

Le marché de l'occasion s'est largement répandu chez les pêcheurs, une communauté que ce commercial de formation connaît bien. "Il faut savoir que les pêcheurs sont un peu comme des "fashion victim", ils achètent en quantité et de manière compulsive, au coup de coeur, selon les nouvelles collections lancées par les marques tous les six mois. Et, comme pour les vêtements, on finit par utiliser plus souvent la même canne, les mêmes leurres, et le reste ne voit jamais l'eau.".
 
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Tout bascule lorsqu'il reçoit une canne à pêche cassée d'un vendeur peu scrupuleux. "J'ai dû courir après un remboursement pendant plusieurs mois", raconte-t-il. Il rêve d'une plateforme au paiement sécurisé à la Vinted, où les vêtements de seconde main se vendent et s'achètent sans prise de tête. Surtout, il nourrit l'espoir de faire de sa passion, son métier.

Économie circulaire vs AliExpress

Alors, en 2018, il imagine la même chose pour son loisir de prédilection, et baptise cette idée CircleFishers"Circle pour cette idée d'économie circulaire et de communauté, et un nom anglo-saxon pour éventuellement exporter le concept à l'étranger, en Europe ou ailleurs...". L'incubateur de start-up où il est installé à Montpellier, IONIS 361, l'aide dans le développement de son projet.

Les passionnés peuvent retrouver sur le site du matériel comme des cannes, des leurres, des moulinets, et des accessoires de pêche spécifiques selon leur pratique : pêche à la mouche, exotique, au silure... Circle Fishers compte à ce jour 2.000 transactions et 3.500 inscrits, mais l'objectif est d'aller plus loin.
 
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Karim veut inciter les vendeurs professionnels de matériel de pêche à écouler leurs invendus et faire du déstockage sur sa plateforme. "Le confinement a beaucoup affecté les détaillants, qui pendant les trois mois d'ouverture de la saison n'étaient pas en mesure de vendre leur stock. Nous pouvons les aider à les écouler en proposant un nouveau canal de distribution, tout en gardant en tête qu'il faut que ça soit avantageux pour l'acheteur.".

La mise en ligne de l'annonce est gratuite, mais une commission de l'ordre de 5 à 9% du prix de l'article est prélevée à l'acheteur en plus des frais de port. Sa communauté semble satisfaite de ce système. "Certains sont là depuis le début et continuent chaque semaine de faire des achats sur le site", se félicite le jeune entrepreneur.
 
Il espère, à son échelle, pouvoir démocratiser sa passion au plus grand nombre. "L'idée, c'est qu'on ne soit pas limité par son budget, que les débutants puissent se faire plaisir avec du beau matériel pour attraper leur premier poisson". Il espère également pouvoir en détourner quelques-uns des plateformes comme AliExpress, qui "envahissent le marché français et impactent toute l'industrie de la pêche".

Comme pour les vêtements et les chaussures, dès qu'une nouveauté sort, deux semaines après, elle est copiée et on la retrouve sur un site chinois pour 10 fois moins cher. On ne pourra jamais être compétitif, mais on propose une alternative avec de la qualité, et surtout une empreinte carbone bien meilleure.

Dans le futur, Karim espère pouvoir proposer des ventes privées sur son site, des braderies éphémères locales, et une application sur mobile pour 2021. Avec un espoir : faire grandir sa communauté de pêcheurs solidaires.
 
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